Salaire minimum à 15 $: une meilleure solution existe, dit la FCEI

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La vice-présidente principale de la FCEI, Martine Hébert, affirme que hausser le salaire minimum à 15 dollars, comme l'exigent des syndicats et Québec solidaire, pourrait s'avérer dommageable pour l'économie et l'emploi, créant notamment une forte pression sur les coûts de main d'oeuvre dans les petites entreprises.

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Vicky Fragasso-Marquis, Louis Cloutier
La Presse Canadienne

À l'aube de la Journée internationale des travailleurs, la proposition d'augmenter le salaire minimum à 15 $ de l'heure continue de susciter des débats.

Plus tôt cette semaine, l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) a publié une étude suggérant d'établir un «salaire viable» à 15,10 $ de l'heure. Jeudi, Québec solidaire a déposé à l'Assemblée nationale une motion pour instaurer le salaire minimum à 15 $. Et dimanche, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) prévoit lancer une campagne pour faire la promotion de cette mesure.

Si la proposition semble attiser l'enthousiasme de certains intervenants, elle est moins bien accueillie du côté de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), qui la juge peu souhaitable.

La vice-présidente principale de la Fédération, Martine Hébert, convient qu'il faut mieux soutenir les travailleurs à faible revenu, mais selon elle, il y a des moyens plus appropriés pour y parvenir que d'augmenter considérablement le salaire minimum considérant, de toute façon, que la personne devrait payer plus d'impôts et de cotisations diverses avec cette hausse.

«Il y a d'autres mécanismes fiscaux. (...) Si on augmente la portion de revenu qu'une personne peut gagner sans payer d'impôts - ce qu'on appelle l'exemption personnelle de base -, à ce moment-là, il y a une plus grande proportion de cette augmentation-là dans les poches des travailleurs», a-t-elle expliqué.

Selon la porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Virginie Larivière, l'un n'empêche pas l'autre. «On n'est pas contre la multiplication des mesures, mais le salaire minimum, actuellement, ne permet pas de sortir de la pauvreté. (...) Commençons par huiler les mécanismes qu'on a déjà et qui fonctionnent bien. Essayons juste de leur faire faire ce qu'on dit qu'ils devraient faire, c'est-à-dire nous sortir de la pauvreté», a-t-elle soutenu au bout du fil.

Mme Hébert a aussi fait valoir qu'une telle hausse «rapide et marquée» aurait des conséquences importantes sur les coûts de main-d'oeuvre des petites entreprises.

«L'économie du Québec, 75 pour cent de nos entreprises comptent moins de 10 employés, donc si vous augmentez le salaire minimum de façon rapide, vous allez créer des déséquilibres importants et des pressions à la hausse sur l'ensemble des salaires», a-t-elle expliqué. Ainsi, selon elle, les propriétaires d'entreprise seront contraints d'accorder une hausse équivalente à leurs employés cumulant davantage d'expérience ou occupant des emplois plus qualifiés.

Mme Larivière estime que les entreprises «ramènent toujours le spectre» de leurs baisses de profits et de leur possible fermeture lorsqu'il est question d'augmenter le salaire minimum.

«Quand il y a eu des augmentations importantes de salaire minimum comme il y a eu au Québec en 2008-2009-2010 (...) l'Institut Fraser (un groupe de réflexion de droite), à ce moment-là, prédisait des pertes d'emplois phénoménales, une catastrophe économique. Or, qu'est-ce qui s'est passé? On n'a pas vécu la catastrophe attendue et je rappelle qu'en 2008, on était en contexte de crise économique», a-t-elle affirmé.

«Au bout des trois années où on a eu une augmentation de 50 cents par année, en 2010, le Conseil québécois du commerce de détail a enregistré des ventes de 99,9 milliards $. Ça, c'est une hausse de près de sept pour cent par rapport à l'année précédente. (...) Qu'est-ce que les gens font quand ils ont une hausse de 50 cents au taux horaire? Ils ne font pas mettre cet argent-là dans un paradis fiscal, ils vont le dépenser chez le coiffeur, à l'épicerie, au restaurant du coin», a-t-elle ajouté.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, en 2014, 210 200 personnes gagnaient le salaire minimum dans la province, ce qui représente environ six pour cent des travailleurs rémunérés. Parmi ceux-ci, 58 pour cent étaient des femmes.

6
% des travailleurs québécois gagnent le salaire minimum.
58
% des personnes qui travaillent au salaire minimum sont des femmes.

La vice-présidente principale de la Fédération, Martine Hébert, convient qu'il faut mieux soutenir les travailleurs à faible revenu, mais selon elle, il y a des moyens plus appropriés pour y parvenir que d'augmenter considérablement le salaire minimum considérant, de toute façon, que la personne devrait payer plus d'impôts et de cotisations diverses avec cette hausse.

« Il y a d'autres mécanismes fiscaux. (...) Si on augmente la portion de revenu qu'une personne peut gagner sans payer d'impôts - ce qu'on appelle l'exemption personnelle de base -, à ce moment-là, il y a une plus grande proportion de cette augmentation-là dans les poches des travailleurs », a-t-elle expliqué.

Selon la porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Virginie Larivière, l'un n'empêche pas l'autre. « On n'est pas contre la multiplication des mesures, mais le salaire minimum, actuellement, ne permet pas de sortir de la pauvreté. (...) Commençons par huiler les mécanismes qu'on a déjà et qui fonctionnent bien. Essayons juste de leur faire faire ce qu'on dit qu'ils devraient faire, c'est-à-dire nous sortir de la pauvreté », a-t-elle soutenu au bout du fil.

Mme Hébert a aussi fait valoir qu'une telle hausse « rapide et marquée » aurait des conséquences importantes sur les coûts de main-d'oeuvre des petites entreprises.

« L'économie du Québec, 75% de nos entreprises comptent moins de 10 employés, donc si vous augmentez le salaire minimum de façon rapide, vous allez créer des déséquilibres importants et des pressions à la hausse sur l'ensemble des salaires », a-t-elle expliqué. Ainsi, selon elle, les propriétaires d'entreprise seront contraints d'accorder une hausse équivalente à leurs employés cumulant davantage d'expérience ou occupant des emplois plus qualifiés.

Mme Larivière estime que les entreprises « ramènent toujours le spectre » de leurs baisses de profits et de leur possible fermeture lorsqu'il est question d'augmenter le salaire minimum.

« Quand il y a eu des augmentations importantes de salaire minimum comme il y a eu au Québec en 2008-2009-2010 (...) l'Institut Fraser (un groupe de réflexion de droite), à ce moment-là, prédisait des pertes d'emplois phénoménales, une catastrophe économique. Or, qu'est-ce qui s'est passé ? On n'a pas vécu la catastrophe attendue et je rappelle qu'en 2008, on était en contexte de crise économique », a-t-elle affirmé.

« Au bout des trois années où on a eu une augmentation de 50 cents par année, en 2010, le Conseil québécois du commerce de détail a enregistré des ventes de 99,9 milliards de dollars. Ça, c'est une hausse de près de 7% par rapport à l'année précédente. (...) Qu'est-ce que les gens font quand ils ont une hausse de 50 cents au taux horaire ? Ils ne vont pas mettre cet argent-là dans un paradis fiscal, ils vont le dépenser chez le coiffeur, à l'épicerie, au restaurant du coin », a-t-elle ajouté.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, en 2014, 210 200 personnes gagnaient le salaire minimum dans la province, ce qui représente environ 6% des travailleurs rémunérés. Parmi ceux-ci, 58% étaient des femmes.




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