Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, affirme que la croissance économique guidera le gouvernement libéral dans ses futures décisions sur ses dépenses - plutôt que des règles de discipline fiscale bien précises.

Après avoir annoncé cette semaine qu'il se dirigeait vers cinq ans de déficits budgétaires de plusieurs milliards de dollars, le gouvernement a pratiquement éliminé les restrictions fiscales fermes dont il avait fait la promotion lors de la campagne électorale.

Le ministre Morneau a indiqué à La Presse Canadienne que le nouveau plan de dépenses visait à placer le pays sur la trajectoire d'une meilleure croissance pour les années à venir - ce qui, espère-t-il, l'aidera à surpasser les attentes énoncées dans son budget et à équilibrer les comptes du gouvernement dans cinq ans.

Selon lui, le gouvernement peut atteindre cette cible pourvu que les investissements des libéraux, comme la révision des allocations familiales et les dépenses en infrastructures, génèrent une croissance suffisante.

Depuis qu'il a déposé, mardi, un budget qui prévoit cinq déficits budgétaires successifs de plus de 10 milliards, M. Morneau a dû se défendre des critiques dénonçant l'absence d'un plan pour éliminer, ou à tout le moins contrôler, les déficits.

Pendant la campagne électorale, les libéraux avaient notamment promis de limiter les déficits annuels à 10 milliards, d'atteindre l'équilibre budgétaire d'ici quatre ans et de réduire le ratio de la dette au produit intérieur brut à 27 % chaque année de leur mandat. Le budget a, en quelque sorte, officialisé la mise au rancart de ces promesses.