La Banque du Canada maintient son taux d'intérêt directeur à 0,75%

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Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz.

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
OTTAWA

La Banque du Canada s'attend à ce que le choc des prix du pétrole ait contraint l'économie canadienne à connaître une croissance nulle au premier trimestre de 2015, mais elle a tout de même décidé de garder son taux d'intérêt directeur inchangé à 0,75%.

La banque centrale a expliqué sa décision mercredi en précisant s'attendre à ce que les éléments positifs des secteurs autres que celui de l'énergie refassent surface et à ce que les problèmes économiques attribuables au plongeon du pétrole s'estompent.

Selon la banque, ces améliorations devraient prendre la forme d'une hausse des exportations, des investissements et des ouvertures sur le marché de l'emploi.

«Lorsque l'incidence du choc des prix pétroliers sur la croissance commencera à se dissiper, cette succession naturelle devrait redevenir la tendance dominante vers le milieu de l'année», a écrit la Banque du Canada dans son plus récent Rapport sur la politique monétaire, aussi dévoilé mercredi.

La banque centrale a dit s'attendre à ce que l'économie canadienne soit revigorée par la réduction d'un quart de point de pourcentage du taux directeur, en janvier, et par la demande croissante aux États-Unis, qui devrait rebondir après son ralentissement temporaire des derniers mois.

Les risques pour les perspectives d'inflation, l'indicateur économique clé derrière la décision sur les taux, sont «à peu près équilibrés», a affirmé la banque.

Mais l'économie devra d'abord traverser les effets négatifs du choc pétrolier, qui devraient se faire sentir «plus rapidement que prévu» au pays, a-t-elle prévenu.

La Banque du Canada a réduit sa prévision pour l'économie canadienne au premier trimestre et mise dorénavant sur une croissance «essentiellement nulle», alors qu'elle estimait en janvier que celle-ci serait de 1,5%.

«La Banque estime maintenant que l'économie canadienne a stagné au premier trimestre de 2015», est-il écrit dans son rapport.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, avait indiqué, le mois dernier, dans un entretien avec le Financial Times, qu'il s'attendait à ce que le choc des prix du pétrole rende «atroces» les chiffres sur la performance économique canadienne au premier trimestre.

Dans un discours prononcé le mois dernier, M. Poloz s'était aussi montré inquiet face au deuxième trimestre, en affirmant que ses doigts «restent croisés».

La banque centrale canadienne mise maintenant sur une croissance économique de 1,9% pour l'ensemble de l'année 2015, par rapport à une estimation de 2,1% en janvier.

Pour le deuxième trimestre, qui a débuté le 1er avril, la banque calcule que la croissance s'établira à 1,8%, comparativement à une prévision de 1,5% en janvier.

Les croissances économiques attendues par la banque centrale pour 2016 et 2017 sont de 2,5% et 2,0% respectivement.

La volatilité soutenue des prix du pétrole brut fait en sorte que l'«ampleur définitive» de l'impact du choc pétrolier devra être «surveillée de près», même si la magnitude de ces conséquences variera d'une région à l'autre.

Même si les provinces productrices de brut comme l'Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador encaisseront les coups les plus importants, la banque centrale croit que d'autres provinces éprouveront des difficultés en raison de leur connexion au secteur énergétique.

La Colombie-Britannique et le Manitoba devraient afficher de modestes reculs de leur produit intérieur brut, d'après l'institution. L'Ontario, le Québec et les provinces maritimes connaître des pertes dans leurs exportations interprovinciales, mais celles-ci devraient être contrebalancées par des gains dans d'autres secteurs.

C'était la deuxième fois de suite que le gouverneur Poloz ne modifiait pas le taux d'intérêt directeur depuis qu'il a pris tout le monde par surprise, en janvier, en décrétant une réduction d'un quart de point de pourcentage du taux, pour le faire passer à 0,75%.

À l'époque, M. Poloz avait décrit cette réduction comme une assurance contre les conséquences «indéniablement négatives» de la glissade des prix du pétrole.

Lors de son annonce suivante sur la politique monétaire, en mars, il a évoqué l'amélioration des conditions économiques mondiales pour laisser son taux inchangé, ce qui a donné à plusieurs analystes l'impression que le taux directeur ne serait pas modifié de sitôt.

La période prolongée de taux d'intérêt particulièrement faibles a inquiété certains observateurs en ce qui a trait au niveau d'endettement des ménages.

Dans son rapport de mercredi, la banque a dit s'attendre à ce que les pertes de revenus et de richesse attribuables à la dégringolade du pétrole entraînent des réductions des dépenses et d'emprunt - ce qui ferait contrepoids aux faibles coûts du crédit.

La banque a répété mercredi que les exportations autres que celles du secteur de l'énergie profiteraient de la baisse du dollar canadien et aideraient à contrebalancer les pertes du secteur de l'énergie. Des signes préliminaires d'une telle transition ont commencé à s'introduire dans les données, a jugé la banque.

Selon le rapport, certaines catégories de produits qui devraient alimenter la reprise ont progressé à leur rythme le plus rapide depuis 2000 dans les trois premiers mois de 2015. Parmi les principales catégories évoquées se trouvaient celles des aéronefs et des pièces d'aéronefs, des machines et du matériel industriel, et des produits pharmaceutiques et médicinaux.




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