Un peu d'espoir venu des usines

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Rudy Le Cours
La Presse

Les prévisionnistes s'attendaient à un certain rebond de la production en usines en fin d'année après deux reculs automnaux d'affilée.

Ils n'ont pas été déçus, mais surpris. Malgré la chute de 9,3% de la valeur des ventes de produits du pétrole et du charbon, les ventes des manufacturiers ont augmenté de 1,7% en décembre, selon Statistique Canada.

Mieux, lorsqu'on les exprime en volumes, il faut plutôt parler d'un bond mensuel de 2,9%, le plus puissant depuis juillet 2011. Même les quantités de produits dérivés du pétrole et du charbon ont augmenté.

Cet essor efface complètement les replis d'octobre et de novembre, et suggère que la production en usine a effectivement contribué à l'expansion du dernier trimestre pour une troisième fois consécutive.

Mieux encore, des hausses ont été constatées dans 17 des 21 industries observées, dont celle du matériel ferroviaire roulant. Dans ce dernier cas, toutefois, les nouvelles normes de transport d'hydrocarbures ont fait gonfler la valeur des commandes en carnet et sont garantes d'une reprise prochaine des ventes.

On doit noter la poussée de 9% des ventes de véhicules, de 4,3% du matériel aérospatial et de 5,2% de machines. L'agence fédérale mentionne même la livraison d'importants équipements commandés il y a plusieurs mois et destinés au secteur pétrolier.

La large distribution sectorielle des hausses se reflète aussi sur le territoire: sept provinces enregistrent des augmentations. Au Québec, la progression mensuelle atteint 1,5%; celle de l'année, de 6,1%, soit neuf dixièmes de mieux que la moyenne canadienne.

En décembre, c'est la production d'aliments et de métaux de première transformation qui ont le plus pesé dans l'augmentation des ventes québécoises.

Pour l'ensemble de 2014, le volume des ventes des fabricants canadiens progresse de 2,7%, soit trois fois plus qu'en 2013.

Bien qu'encourageants, ces chiffres doivent être relativisés. D'abord, les données mensuelles sont sujettes à beaucoup de volatilité, en particulier dans les livraisons de matériel lourd.

Ensuite, une partie des ventes ont été réalisées à même les stocks plutôt que simplement par une production accrue.

Enfin, la croissance de l'économie américaine a ralenti durant l'automne. L'estimation préliminaire du département du Commerce fait état d'un rythme annualisé d'expansion de 2,6%, après 5,0% durant l'été et 4,6% au printemps.

La prévision toute récente de BMO Marchés des capitaux pour le présent trimestre est de 2,3%. Cela reste enviable si on le compare au 1,5% que projetait pour chez nous la Banque du Canada, mais cela suggère aussi que les manufacturiers canadiens devront ferrailler ferme pour garder leurs parts de marché aux États-Unis alors que la demande intérieure canadienne diminue.

La croissance américaine devrait s'accélérer par la suite à tel point que les prévisionnistes tablent sur un rythme d'expansion d'environ 3% pour 2015, ce qui sera supérieur à la croissance canadienne.

Le ralentissement en cours explique sans doute que la valeur des nouvelles commandes des manufacturiers a baissé de 9,5% en rythme annuel au dernier trimestre. Elle a même diminué de 0,9% en 2014 par rapport à 2013. Heureusement, la valeur des commandes en carnet reste en forte progression, ce qui est un gage de production soutenue au cours des prochains mois, à moins d'une cascade imprévue d'annulations.




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