Voitures électriques: d'abord agir sur le prix

«Tout le monde en Norvège, sans exception, pense maintenant... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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«Tout le monde en Norvège, sans exception, pense maintenant aux véhicules électriques quand vient le temps d'acheter une nouvelle voiture», a témoigné hier Ola Elvestuen, directeur du Comité sur l'énergie et l'environnement et membre du Parlement norvégien, qui était l'invité de la Conférence de Montréal.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Hélène Baril

Aux pays qui, comme le Canada, voudraient voir plus de véhicules électriques sur leurs routes, les Norvégiens n'ont qu'un conseil à donner: il faut que le prix soit raisonnable.

«Tout le monde en Norvège, sans exception, pense maintenant aux véhicules électriques quand vient le temps d'acheter une nouvelle voiture», a témoigné hier Ola Elvestuen, directeur du Comité sur l'énergie et l'environnement et membre du Parlement norvégien, qui était l'invité de la Conférence de Montréal.

Encourager les acheteurs

La popularité des voitures électriques en Norvège n'est pas venue d'elle-même, a-t-il expliqué. Elle vient d'une série de mesures qui a rendu le choix évident pour les citoyens.

Les voitures électriques ne sont pas taxées, elles peuvent se stationner gratuitement à Oslo, être rechargées sans frais et emprunter les voies réservées aux autobus pour éviter la congestion routière.

Inversement, les voitures traditionnelles et le litre d'essence sont très taxés en Norvège.

Au total, le coût d'utilisation d'une voiture électrique est moindre que celui d'une auto conventionnelle, a-t-il résumé. «Mais on ne parle pas d'une Tesla, bien entendu», a précisé Ola Elvestuen.

Le gouvernement norvégien a prévu que les principaux incitatifs à l'achat d'une voiture électrique seront en vigueur jusqu'en 2017, ou lorsque les ventes atteindront 50 000 véhicules.

Il y a quelque 30 000 voitures électriques sur les routes norvégiennes, ce qui représente environ 10% des voitures vendues annuellement. Aux États-Unis, les véhicules électriques ne comptent que pour une infime part des 14 millions de ventes annuelles.

Le succès de la Norvège s'explique en partie par la petite taille du pays, a nuancé Russell Hensley, expert principal de l'automobile de la firme McKinsey. «Aux États-Unis, compte tenu de la taille du pays, des incitatifs aussi importants que ceux offerts en Norvège ne sont pas envisageables, a-t-il expliqué.

La Norvège produit aussi de l'électricité propre, majoritairement hydroélectrique, et relativement pas chère, ce qui n'est pas le cas partout, a-t-il souligné.

La croissance se poursuivra

Ceci dit, l'expert de McKinsey croit que la croissance des ventes de voitures électriques se poursuivra, à mesure que les consommateurs réfléchiront davantage en termes de coût d'utilisation d'une voiture plutôt qu'uniquement en termes de prix à l'achat. Le prix de l'essence à la pompe aura aussi une incidence sur la popularité des véhicules électriques, selon lui.

La transition vers l'électrification des transports est amorcée pour de bon, ont convenu les participants à la discussion d'hier. Mais les défis à relever restent nombreux, y compris pour la Norvège. Par exemple, contrairement à l'Amérique du Nord, l'Europe n'a pas de standard unique en matière d'électricité. Les infrastructures de recharge varient donc d'un pays à l'autre, ce qui fait que les voitures électriques fabriquées par Renault ne peuvent pratiquement pas rouler en Norvège.




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