Hausse spectaculaire du prix des noix

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Le prix de certaines noix a doublé, parfois plus, au cours de la dernière année.

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On a beaucoup parlé du prix de la viande qui a augmenté depuis deux ans, moins de celui des noix qui a aussi connu une hausse spectaculaire. Le prix de certaines noix a doublé, parfois plus, au cours de la dernière année, ce qui a forcé certains fabricants alimentaires à revoir leurs recettes.

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Le prix des noix est directement lié aux rendements des récoltes.

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Si vous comptiez utiliser de la belle crème glacée verte pour vos tartes à la mode du temps des Fêtes, vous allez peut-être devoir revoir vos plans. Surtout si c'est la pistache qui vous intéressait: la hausse du prix des noix a forcé certains transformateurs à modifier leur production. À la Laiterie Coaticook, on a carrément cessé de faire de la crème glacée à la pistache, il y a deux ans. «Le prix de la pistache a augmenté de 270% depuis 2011», explique Renée Fillion, directrice ventes, marketing, recherche et développement pour l'entreprise des Cantons-de-l'Est. Les pots de format 2L de la Laiterie Coaticook sont tous vendus au même prix (4,99$), peu importe le parfum. Il était devenu impossible de faire la crème glacée à la pistache à ce prix-là, explique Mme Fillion, qui précise que la disparition est temporaire, et non définitive. La Californie et l'Iran sont les principaux producteurs de pistaches. 

Taux de change

«Ce qui explique d'abord l'augmentation, pour toutes les noix, c'est la valeur du dollar américain», explique Éric Fortin, président de Délices de la forêt Valli, important importateur québécois de noix et fruits séchés. Pour des produits de luxe comme les noix, la hausse de plus de 30% depuis 15 mois fait toute la différence, dit-il. Un paquet de noix à 10$, ce n'est déjà pas donné, explique Éric Fortin. À 15$, le consommateur va y penser deux fois avant de le mettre dans le panier. 

Récoltes

Le prix des noix est directement lié aux rendements des récoltes. Moins il y a de pays producteurs pour une variété de noix, plus une mauvaise année fait augmenter le prix de cette noix. C'est ce qui s'est passé pour les noisettes. L'année dernière, il y a eu du gel au printemps en Turquie, ce qui a fait mal à de nombreuses cultures, dont la noisette. La Turquie produit près des trois quarts de toutes les noisettes du monde.

Nutella

Le prix de la noisette a triplé l'année dernière, dit Éric Fortin. «Il faut au moins deux années de récoltes normales pour stabiliser le prix d'une noix», explique l'importateur québécois. Ferrero, qui produit le Nutella et ses petits rochers homonymes, achète au moins le quart de la récolte mondiale de noisettes. Cet énorme acteur passe donc avant tous les autres lorsqu'il y a une baisse de production, ce qui laisse peu de noix vendues à fort prix. L'entreprise québécoise Piedmont Dora, qui fait aussi une tartinade chocolat-noisette, a décidé de réduire ses marges de profit sur ce produit, en attendant un retour à un prix de la noisette plus normal. «On ne peut pas augmenter nos prix, parce que les multinationales ne l'ont pas fait», explique Louis Limoges, président de Piedmont Dora qui attend avec impatience une stabilisation du marché. 

Consommation

En plus du rendement des récoltes et du taux de change, la forte demande pour les noix tire les prix vers le haut. En Amérique du Nord et en Europe, les gens qui mangent moins de viande se tournent vers les noix. En Asie, l'augmentation de la consommation de protéines se traduit également par une forte hausse de la demande en noix. 

Ajustements

On oublie parfois que les noix poussent dans les arbres. Comme tout produit agricole, leurs prix sont extrêmement volatils. «C'est un casse-tête, avoue Stéphanie Provost, vice-présidente des Soeurs en vrac. Il y a eu des augmentations toute l'année, chaque semaine.» L'entreprise québécoise refuse de changer les recettes de ses mélanges de noix ou de diminuer les formats de ses contenants. Les Soeurs en vrac ont toutefois créé de nouveaux mélanges de noix pour offrir des produits de différents prix. Les Soeurs ont aussi temporairement cessé d'y mettre des abricots turcs, les prix après le gel de 2014 étant trop élevés.

Au Bilboquet, on a gardé tous les parfums de glace, mais modifié certains prix. «Nous avons aussi renégocié avec nos fournisseurs et ajusté nos marges de profit», explique Sébastien Zanella-Argant, directeur général du Bilboquet.

Amandes

La sécheresse californienne a fait mal aux amandes. La Californie produit la totalité des amandes américaines et environ 80% des amandes mondiales. Le deuxième pays producteur, loin derrière, est l'Australie. Cette année, les ventes d'amandes californiennes ont connu un premier recul depuis 10 ans, en raison de la diminution de rendement. «La sécheresse se poursuit, alors on peut difficilement prévoir quel sera son impact sur la récolte, indique Carissa Sauer, porte-parole du Conseil des amandes de Californie. Nous pouvons toutefois dire que les cultivateurs produisent plus d'amandes avec moins d'eau. En fait, depuis 20 ans, ils ont réduit de 33% la quantité d'eau nécessaire pour produire leurs amandes. L'industrie investit 3 millions de dollars par année en recherche pour poursuivre cette réduction.»




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