Importation de fromages européens: Agropur veut un rôle accru

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Agropur espère pouvoir jouer un rôle accru afin d'atténuer les effets de l'arrivée au pays d'une plus grande quantité de fromages européens découlant de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (UE).

La direction de la coopérative espère ainsi que le gouvernement fédéral octroiera les nouveaux quotas d'importation à des entreprises qui prennent en considération les préoccupations des fromagers nationaux.

«On veut éviter un transfert important (des consommateurs) vers les fromages importés au détriment des produits domestiques», a dit le chef de la direction d'Agropur, Robert Coalier, mercredi, en marge de l'assemblée annuelle.

Advenant une ratification de l'entente, quelque 17 700 tonnes supplémentaires de fromages spécialisés européens s'ajouteront aux 20 400 tonnes actuellement importées en provenance de ce continent.

Cette situation provoque l'ire des différents acteurs du secteur laitier canadien, qui craignent de ne plus être concurrentiels puisque les producteurs européens bénéficient de généreuses subventions gouvernementales.

M. Coalier, qui estime qu'Agropur a contribué à instaurer un équilibre entre le développement des fromagers locaux et l'importation de produits européens, croit que le rôle de la coopérative devrait être élargi.

«Nous pensons pouvoir jouer un rôle important pour minimiser l'impact sur l'industrie, a-t-il dit. Les gens qui ont importé (dans le passé) l'on fait de façon intelligente, en complémentarité avec la production domestique.»

Le chef de la direction d'Agropur n'a toutefois pas voulu fournir de précision sur le genre de quota que souhaitait obtenir la coopérative québécoise de la part du gouvernement fédéral.

M. Coalier s'est gardé de critiquer l'accord de libre-échange entre le Canada et l'UE, affirmant que ce n'était «pas le choix» d'Agropur. Il a également eu le même discours quant à savoir si la coopérative risquait de se cannibaliser en important davantage de fromages européens.

«Si nous allons vivre cette situation, nous sommes aussi bien de participer pour s'assurer que ça se fasse de façon ordonnée, a-t-il nuancé. Ce n'est pas notre décision. On l'accepte.»

Agropur s'attend également à ce que sa marque de yogourt Iögo - qui a vu le jour il y a deux ans - cesse de plomber les résultats de la coentreprise Aliments Ultima, dans laquelle est également impliquée Agrifoods.

Même si la part de marché de Iögo atteint 12 %, la quote-part d'Agropur dans Ultima s'est traduite par une perte de 13,9 millions $, en hausse de 3,7 millions $, pour l'exercice 2014.

«On devrait voir une amélioration en 2015, a dit M. Coalier. Nous avons mis en place de nouvelles initiatives pour accroître notre part de marché. C'est concurrentiel comme marché. On ne nous déroule pas nécessairement le tapis rouge.»

Le chef de la direction d'Agropur n'a pas voulu dévoiler ses objectifs en ce qui a trait aux parts de marché de sa marque de yogourt, mais il s'attend à ce qu'elle augmente.

Si la coopérative a vu ses revenus progresser de 21 % en 2014, la situation a toutefois été différente du côté de son excédent net ainsi que des ristournes versées à ses membres.

Agropur a ainsi distribué 92,3 millions $, par rapport à 110,5 millions $ l'année précédente, alors que son excédent net a glissé de 14 % pour s'établir à 44 millions $.

M. Coalier a entre autres attribué cette situation à des dépenses de 233 millions $ effectuées en 2014 au sein des actifs de la coopérative.

«Par exemple, nous avons investi 110 millions $ dans notre usine au Wisconsin, a-t-il expliqué. Cela crée de la capacité qui ne sera pas utilisée demain matin. L'amortissement relié à une usine neuve est plus élevé.»

Le chiffre d'affaires d'Agropur a quant à lui atteint 4,7 milliards $ pour l'exercice 2014, marqué par les fusions et acquisitions.

C'est la première fois que les recettes d'Agropur, qui existe depuis 76 ans, franchissent la barre des 4 milliards $. Les fusions et acquisitions ont contribué à hauteur de 430 millions $.

Son bénéfice d'exploitation s'est chiffré à 264,1 millions $, en hausse de 3,1 % par rapport à l'exercice 2013.

Agropur a réalisé lors de l'exercice 2014 les deux plus importantes acquisitions de son histoire: Davisco Foods aux États-Unis ainsi que les activités de transformation laitière de Sobey's dans l'Ouest canadien.

La coopérative, qui compte 8000 employés et 40 usines, figure parmi les 20 plus grands transformateurs laitiers au monde.




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