Saputo constate une guerre des prix dans l'industrie laitière

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Saputo (T.SAP) espère que la forte concurrence ayant mené à une guerre des prix dans l'industrie laitière canadienne s'apaisera bientôt, ce qui aiderait grandement l'entreprise à relancer la rentabilité de ses activités au pays.

Malgré des profits en hausse de 7,3 % au troisième trimestre, le fromager québécois a vu le bénéfice d'exploitation de ses activités au pays fondre de 12 % - à 102,1 millions $.

«En plus de la concurrence, nous avons nous-mêmes érigé des problèmes, notamment en raison de problèmes logistiques et du retard dans notre centre de distribution à Montréal», a expliqué son président et chef de la direction, Lino Saputo Jr., jeudi, au cours d'une conférence téléphonique.

En plus de Saputo, cette «guerre domestique» qui profite aux consommateurs, admet M. Saputo Jr., met aux prises les deux autres joueurs les plus importants dans l'industrie canadienne, soit la coopérative québécoise Agropur et Parmalat.

«J'espère que le comportement irrationnel (de certains) va disparaître et que nous pourrons revenir à une rentabilité décente pour notre division canadienne», a observé le patron de l'entreprise établie à Montréal.

Dans ses remarques, M. Saputo Jr. a affirmé que l'entreprise allait prendre «tous les moyens nécessaires» pour redresser la situation de ses activités au pays, ce qui ne se traduira toutefois pas par des licenciements et des fermetures d'usines.

Questionné par les analystes financiers, le dirigeant de Saputo n'a pas fermé la porte à de possibles acquisitions aux États-Unis - le plus important marché de la société -, même s'il a l'intention de se montrer patient.

«Ce n'est pas une course, c'est un marathon, a dit M. Saputo Jr. Nous allons être disciplinés. Notre bilan financier est bon et nous avons les ressources pour mettre la main sur une cible.»

Il a toutefois souligné qu'il pourrait y avoir des occasions d'acquisition entre 500 millions $ et plus de 1 milliard $. Des entreprises dont la valeur oscille entre 2,5 milliards $ et 3 milliards $ pourraient même devenir disponibles, a dit M. Saputo Jr.

Quant à sa performance trimestrielle, Saputo a vu ses profits ainsi que son chiffre d'affaires progresser, ce qui a permis à l'entreprise de répondre en partie aux attentes des analystes financiers.

Pour la période terminée le 31 décembre, son bénéfice net s'est établi à 154,6 millions $, ou 38 cents par action, par rapport à 144,1 millions $, ou 37 cents par action, à la même période en 2013.

Son chiffre d'affaires a progressé de 20 % pour s'établir à 2,82 milliards $.

Cette augmentation est essentiellement attribuable à l'inclusion du producteur australien Warrnambool Cheese and Butter à son secteur international ainsi qu'à l'acquisition de la coopérative Scotsburn au Canada.

Le secteur canadien a contribué au chiffre d'affaires de Saputo à hauteur de 1 milliard $, en hausse de 50 millions $ par rapport au troisième trimestre de 2013. Les États-Unis - le plus important marché de l'entreprise - ont généré des revenus de 1,39 milliard $.

Si la performance trimestrielle a permis à Saputo de dépasser la cible des analystes de 2,66 milliards $ en ce qui a trait aux revenus, la société n'a toutefois pas atteint leur prévision d'un profit ajusté de 41 cents par action.

Malgré des résultats en-deçà des attentes, Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, estime que la présence de Saputo dans plusieurs marchés à travers le monde devrait rassurer les actionnaires.

«La rentabilité est là pour rester aux États-Unis et les activités canadiennes devraient reprendre de la vigueur vers l'exercice 2016», écrit l'analyste dans une note de recherche.

Saputo a récemment conclu la vente de ses activités de boulangerie - qui produisent les petits gâteaux Vachon - à Boulangerie Canada Bread, qui appartient au groupe mexicain Grupo Bimbo S.A.B, pour 120 millions $.

À la Bourse de Toronto, le titre de l'entreprise a terminé la séance à 35,45 $, en baisse de 1,03 $, ou 2,82 %.




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