L'industrie porcine trépigne d'impatience

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Parmi les acteurs économiques au Québec qui surveillent le projet de libre-échange entre la Canada et la Corée du Sud, très peu se révèlent aussi enthousiastes, impatients même, que ceux de l'industrie de la viande de porc.

La réalisation de ces attentes de l'industrie porcine, deuxième secteur agroalimentaire en importance au Québec après le secteur laitier, serait porteuse de retombées dans l'économie de plusieurs régions.

«Le plus tôt nous aurons cette entente avec la Corée du Sud, le mieux ce sera. Nous avons hâte de retrouver cet important marché de nos coupes de viande porcine à valeur ajoutée», affirme d'emblée Jacques Pomerleau, président de Canada Porc International, à la suggestion qu'une entente de libre-échange soit signée aujourd'hui à Séoul par le premier ministre Stephen Harper et son vis-à-vis sud-coréen.

En fait, il y a trois ans que l'industrie canadienne du porc, en particulier son important contingent québécois, souhaite «rétablir sa compétitivité» sur le lucratif marché coréen face à ses concurrents américains et européens.

L'origine de ce problème? Les États-Unis et l'Union européenne ont, depuis 2011, leur propre accord bilatéral de libre-échange avec la Corée du Sud.

Des tarifs non concurrentiels

Et dans le commerce de la viande porcine, ces accords ont déjà abaissé de moitié les tarifs douaniers coréens sur la viande de porc importée des États-Unis et d'Europe. Ils se situent maintenant autour de 8 à 15%, selon les coupes de viande fraîches ou surgelées.

Pendant ce temps, la viande de porc importée d'ailleurs, notamment du Canada, demeure taxée à hauteur de 25% environ au passage des douanes sud-coréennes.

Dans ce contexte, pas étonnant que les exportations canadiennes de viande de porc vers la Corée se soient pratiquement effondrées depuis trois ans au profit des pays producteurs concurrents.

Cette année, selon M. Pomerleau, ces exportations s'annoncent tout juste autour des 50 millions de dollars, composées surtout de produits résiduels.

Ce montant est inférieur des deux tiers environ à la moyenne annuelle qui prévalait avant l'entrée en vigueur du libre-échange de la Corée du Sud avec les États-Unis et l'Europe.

Pourtant, explique le président de Canada Porc International, les grands acheteurs sud-coréens «continuent de nous demander quand nous pourrons revenir, parce qu'ils considèrent que notre viande de porc est la meilleure sur le marché».

Mais avant de se commettre de nouveau sur le marché sud-coréen, avec des prix concurrentiels et rentables, les grands industriels canadiens du porc, dont Olymel du Québec et Maple Leaf de l'Ontario, avaient besoin de «perspectives plus claires» sur l'équilibrage des tarifs d'importation avec les concurrents américains et européens.

«C'est ce que nous attendons le plus de l'accord annoncé à Séoul. Nous ne prévoyons pas combler immédiatement le retard de trois ans que nous avons pris face à nos concurrents. Mais, au moins, nous aurons enfin un plan pour le faire», indique Jacques Pomerleau.




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