Yellen prudente face au Brexit et aux vulnérabilités de l'économie

La présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet... (Photo Evan Vucci, AP)

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La présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, s'inquiète des changements abrupts chez les investisseurs que peut provoquer le référendum britannique, dans un environnement économique international où déjà la croissance est «léthargique», l'inflation basse et les politiques monétaires «très accommodantes».

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
Washington

La présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed) Janet Yellen a estimé mardi qu'une «incertitude considérable» planait sur les perspectives économiques et que l'économie mondiale demeurait «vulnérable».

Les conséquences d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE sont «difficiles à prévoir», a affirmé Mme Yellen lors de son audition biannuelle devant une commission du Congrès.

Un vote en faveur du Brexit pourrait initier «une période de volatilité sur les marchés financiers qui pourrait avoir un impact négatif sur les conditions financières et sur les perspectives économiques américaines», a-t-elle averti. Les Britanniques se prononcent jeudi sur ce référendum.

Mme Yellen s'inquiète notamment des changements abrupts chez les investisseurs que peut provoquer le référendum britannique, dans un environnement économique international où déjà la croissance est «léthargique», l'inflation basse et les politiques monétaires «très accommodantes».

Elle a cité par exemple la crainte de mouvements de capitaux vers «la sécurité», ce qui pourrait «pousser le dollar» à la hausse.

«Pour toutes ces raisons, le Comité monétaire surveille étroitement les développements économiques et financiers internationaux», a-t-elle affirmé.

Globalement, «des vulnérabilités demeurent» à l'international, a ajouté la patronne de la banque centrale. Elle a estimé que si les craintes sur un ralentissement chinois s'étaient un peu dissipées, Pékin «continue de faire face à des défis considérables pour rééquilibrer son économie (...)».

Sur le front intérieur, le marché de l'emploi américain a marqué «un ralentissement de sa croissance», après des créations d'emplois décevantes en mai et la croissance ces récents trimestres «a été irrégulière».

Mme Yellen a souligné notamment qu'il était particulièrement «troublant» que le chômage touche davantage les minorités, en particulier les Noirs et les Hispaniques.

Démarche prudente sur les taux

Dans ces conditions, Mme Yellen a préconisé une «démarche prudente» avant de relever les taux d'intérêt aux États-Unis.

«Adopter une démarche prudente dans le relèvement des taux va nous permettre de conserver un soutien monétaire à la croissance économique pendant que nous évaluons si cette croissance va revenir à un rythme modéré», a-t-elle affirmé.

La semaine dernière, le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a décidé à nouveau de laisser les taux d'intérêt inchangés face à «l'évolution irrégulière» de l'activité et au spectre d'un Brexit qui pourrait provoquer des remous sur les marchés financiers.

«Nous allons observer de près le marché de l'emploi pour voir si le ralentissement récent est provisoire, comme nous le pensons», a-t-elle affirmé, invitant à ne pas se focaliser sur un seul rapport mensuel sur l'emploi. Mais elle n'exclut pas que le faible progrès de la productivité se poursuive.

Mme Yellen s'est, malgré tout, dite «optimiste» sur l'amélioration du marché du travail et l'évolution de l'inflation vers l'objectif de 2% de la Fed, «dans les années qui viennent».

Le Comité de politique monétaire prévoit toujours «une hausse graduelle des taux» si l'économie prospère, a-t-elle assuré rappelant que cette instance s'attendait à des taux en dessous de 1% cette année (entre 0,25% et 0,50% actuellement) et en dessous de 2% l'année prochaine, cette dernière prévision ayant été révisée en baisse.

Interrogée sur la possibilité pour la Fed d'avoir légalement recours à des taux négatifs à l'instar de ses consoeurs en Europe ou au Japon, Mme Yellen a répété que ce n'était «pas quelque chose qui était envisagé» pour l'instant même si légalement la banque centrale est en mesure de le faire.

Pour Jim O'Sullivan, économiste en chef chez HFE, «la présidente de la Fed ne se montre guère pressée de relever à nouveau les taux» à la suite d'une première hausse il y a six mois après sept ans de politique monétaire à taux zéro.

«Vu ce ton ultra prudent, un resserrement du crédit en juillet apparaît très improbable même en cas de solides chiffres de l'emploi en juin», poursuit-il ajoutant que d'ici la réunion monétaire suivante, prévue en septembre, trois rapports sur l'emploi auront été publiés.




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