Au tour de Transcontinental de réclamer une aide des gouvernements

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Le président et chef de la direction de TC Transcontinental, François Olivier.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

TC Transcontinental joint sa voix aux différents acteurs de la presse écrite qui réclament une intervention des pouvoirs publics dans l'espoir de préserver la production d'une information de qualité.

L'imprimeur et éditeur de journaux a demandé vendredi une aide de «trois ou quatre ans» aux différents ordres de gouvernement pour l'aider à adoucir la transition vers le numérique.

Son président et chef de la direction, François Olivier, a formulé trois demandes précises: une réduction des frais de recyclage, une subvention pour lui permettre d'assurer une production de contenu dans ses journaux locaux hebdomadaires ainsi que des incitatifs financiers pour l'aider à investir dans de nouvelles plateformes numériques.

«On ne demande pas la charité des gouvernements», a expliqué M. Olivier au cours d'un entretien téléphonique afin de discuter de la performance financière de la société au deuxième trimestre, où son secteur des médias a continué de voir ses recettes fléchir.

Il n'a toutefois pas chiffré l'aide gouvernementale qui pourrait être octroyée au secteur, dans lequel plusieurs entreprises traversent des moments difficiles.

Depuis un certain temps déjà, RecycleMédias demande de ne plus payer pour le recyclage de ses produits. La coalition regroupant les médias écrits du Québec estime en outre que ces derniers verseront cette année 4,6 millions $ aux municipalités, un montant appelé à croître avec le temps.

Le secteur des médias de Transcontinental n'a pas été épargné au cours des dernières semaines, alors qu'une centaine de personnes ont été licenciées à la fois du côté de la rédaction et du secteur publicitaire.

«Dans cette période de transition, nos modèles publicitaires ne sont pas au maximum, a dit M. Olivier. Le numérique gagne du terrain au profit du papier, mais nous ne sommes pas encore matures.»

Il affirme que Transcontinental est maintenant directement affectée par la baisse des revenus publicitaires auparavant observée au sein des grands quotidiens.

Initialement, l'entreprise a été en mesure de s'ajuster à un recul des recettes publicitaires oscillant entre deux et quatre % par année en réduisant ses coûts ainsi qu'en consolidant le secteur. Toutefois, au cours des 18 derniers mois, la baisse s'est accélérée à 10 % par année, ce qui représente une baisse de profits de 25 millions $.

Le grand patron de l'éditeur et imprimeur en a aussi profité pour reprendre une des revendications du dirigeant de Postmedia, Paul Godfrey, qui, le 12 mai dernier, a incité le gouvernement fédéral à augmenter ses dépenses publicitaires dans les journaux du pays.

Selon M. Olivier, le dossier concerne aussi les autres ordres de gouvernement.

«Quand je ne couvre pas la conférence de presse d'un député dans sa circonscription, on se fait appeler pour dire que nous n'étions pas là, a-t-il dit. Mais d'un autre côté, ils (les gouvernements) dépensent des millions de dollars en publicité sans nous supporter.»

Il a également accueilli favorablement l'étude récemment dévoilée par la Fédération nationale des communications de la CSN prônant une intervention d'urgence de la part des gouvernements.

L'initiative, qui a reçu l'appui de Groupe Capitales Médias, propose trois mesures de soutien, la plus importante étant un crédit d'impôt sur la masse salariale.

«Je pense qu'il y a une réflexion de société à avoir, a dit M. Olivier. Est-ce que le contenu est important dans une démocratie? Je pense que oui. Est-ce qu'il pourrait y avoir des choses faites de façon permanente? Probablement. Toutefois, je suis optimiste et désire seulement du temps pour nous permettre de nous réinventer.»

Des résultats qui ratent la cible

Au deuxième trimestre, Transcontinental a déçu les analystes avec des profits en baisse de 93 %, ce qui s'est reflété sur le cours de son action, qui, à la Bourse de Toronto, a retraité de 1,89 $, soit 9,86 %, pour terminer la semaine à 17,28 $.

Son bénéfice net s'est établi à 5,4 millions $, ou sept cents par action, par rapport à 81,2 millions $, ou 1,04 $ par action, à la même période en 2015.

Ce recul marqué s'explique par une série d'éléments exceptionnels estimés à 80 millions $, dont une charge de dépréciation de 30,3 millions $ liée à ses journaux dans les provinces atlantiques.

Sur une base ajustée, le bénéfice de Transcontinental a fléchi de 12,5 %, à 34,2 millions $, ou 44 cents par action, alors que les revenus ont grimpé de 1,3 %, à 497,2 millions $.

Cette performance s'est avérée inférieure aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur des revenus de 501,6 millions $ ainsi qu'un profit ajusté par action de 55 cents.




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