La croissance économique canadienne a ralenti au premier trimestre

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La croissance du PIB canadien au premier trimestre a été principalement attribuable à l'augmentation des exportations, qui se sont accrues de 1,7% après avoir reculé de 0,4% au trimestre précédent, a dit l'agence fédérale.

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La Presse Canadienne
Ottawa

L'économie canadienne a perdu son élan en mars et le deuxième trimestre de 2016 s'annonce difficile, une situation qui risque d'être encore pire que prévu en raison de l'impact des immenses incendies de forêt qui ont ravagé une partie de la région de Fort McMurray, en Alberta.

L'économie s'est contractée de 0,2 % en mars, ce qui constituait son deuxième recul mensuel consécutif, et le produit intérieur brut a progressé à une plus lente cadence que prévue sur l'ensemble du premier trimestre, a indiqué mardi Statistique Canada.

Selon David Watt, économiste en chef à la Banque HSBC Canada, l'économie éprouve de la difficulté à conserver son élan sous-jacent.

«La grande conclusion à tirer, à mon avis, est que cette faiblesse s'installe avant même que nous commencions à tenir compte des incendies de forêt en Alberta, ce qui va bousculer les données au cours des quelques prochains mois», a-t-il indiqué.

«Je m'inquiète de l'absence de moteur pour l'économie au début du deuxième trimestre et à l'approche de la deuxième moitié de l'année.»

L'économie a progressé au rythme annuel de 2,4 % au premier trimestre, a indiqué Statistique Canada. Ce rythme était plus lent que celui de 2,9 % attendu par les analystes, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Dans l'ensemble, la croissance du premier trimestre a été soutenue par les exportations, qui ont avancé de 1,7 % après avoir diminué de 0,4 % au quatrième trimestre de 2015. Les investissements des entreprises dans le marché du logement ont avancé de 2,7 % au premier trimestre, tandis que les dépenses de consommation finale des ménages se sont accrues de 0,6 %.

Mais M. Watt note que la faiblesse des investissements des entreprises soulève certaines inquiétudes.

«Les fabricants des secteurs autres que ceux des matières premières devraient profiter de la faiblesse du dollar canadien et de la demande des États-Unis, et ils réduisent leurs investissements», a-t-il expliqué.

M. Watt s'attend à ce que les données du mois de mai soient faibles en raison des incendies de forêt, mais l'économie devrait rebondir en juin et en juillet, avec la reprise des activités de sables bitumineux.

La Banque du Canada a calculé la semaine dernière que les incendies en Alberta qui ont forcé l'interruption des activités de plusieurs exploitants de sables pétrolifères devraient réduire de 1,25 point de pourcentage la croissance du produit intérieur brut au deuxième trimestre.

Puisque la banque centrale misait précédemment sur une croissance de 1,0 % pour le deuxième trimestre, cette prévision permet de croire qu'elle mise dorénavant sur une contraction de l'économie pour cette période.

La Banque du Canada devrait faire une mise à jour de l'ensemble de ses prévisions pour l'économie et l'inflation lors de la publication de son rapport sur la politique monétaire, le 13 juillet, date à laquelle elle annoncera également sa nouvelle décision sur le taux d'intérêt directeur.

Aux yeux de Leslie Preston, économiste principale de la Banque TD, le rapport sur le PIB constitue une nouvelle preuve du message de la banque centrale voulant que l'ajustement à la faiblesse des prix du pétrole ait été inégal.

«La fragilité sous-jacente de l'économie canadienne, derrière ce motif de croissance en dents de scie, aura besoin d'une politique monétaire qui reste stimulante pendant une bonne période de temps», a-t-elle estimé.

«Nous ne nous attendons pas à ce que la Banque du Canada hausse son taux d'intérêt avant 2018 au plus tôt.»

Outre ses chiffres pour le mois de mars et le premier trimestre de 2016, Statistique Canada a aussi révisé à la baisse son estimation de la croissance pour le mois de janvier, qui est ainsi passée à 0,5 %, alors qu'elle était précédemment de 0,6 pour cent.

La croissance des trois derniers mois de 2015 a aussi été revue à la baisse, de telle sorte que l'économie canadienne n'a crû que de 1,1 pour cent pour l'ensemble de 2015, plutôt que de 1,2 %, tel que calculé précédemment.




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