Disney ne rassure pas dans la télé, met fin à l'aventure Infinity

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La fin de l'aventure Infinity, qui avait été l'un des premiers jeux vendu en association avec des figurines bien réelles, s'est traduite par une charge exceptionnelle de 147 millions de dollars sur le trimestre.

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
San Francisco

Les résultats trimestriels de Disney ont déçu mardi, la grande forme de ses studios de cinéma ne suffisant pas à compenser les inquiétudes persistantes pour ses chaînes de télévision dans le contexte de l'essor de la vidéo en ligne.

Le géant des médias et du divertissement a en outre annoncé l'abandon de ses activités propres d'édition de jeux vidéo, commercialisées depuis 2013 sous la marque Infinity, ce qui a également plombé ses comptes.

L'action du groupe perdait plus de 5% dans les échanges électroniques d'après-séance à Wall Street.

Il a pourtant augmenté son bénéfice net de 2% sur le trimestre achevé le 2 avril, à 2,14 milliards de dollars. Mais le bénéfice par action, la référence aux États-Unis, est inférieur aux attentes, et le chiffre d'affaires a également déçu en progressant de seulement 4% à 12,97 milliards de dollars, contre près de 6% espérés.

Les revenus se sont notamment repliés de 0,3% dans la division réunissant les chaînes de télévision, et même de 2% (à 3,96 milliards) pour les seules chaînes câblées. Disney évoque de nouveau un déclin du nombre d'abonnés de son bouquet sportif ESPN, ainsi que des recettes publicitaires plus basses, qu'il justifie toutefois par un calendrier défavorable de certaines compétitions comparé à l'an passé.

Lors d'une téléconférence avec des analystes, le PDG Robert Iger s'est aussi voulu rassurant, faisant état de perspectives encourageantes pour l'inclusion d'ESPN dans les nouvelles offres de télévision en ligne proposant des forfaits de chaînes allégés par rapport à ceux des opérateurs traditionnels du câble et du satellite.

Disney discute avec «un certain nombre de nouveaux entrants», et «ils veulent tous ESPN», a-t-il affirmé.

300 emplois perdus chez Infinity

La fin de l'aventure Infinity, qui avait été l'un des premiers jeux vendu en association avec des figurines bien réelles (inspirées des personnages de Disney), s'est traduite par une charge exceptionnelle de 147 millions de dollars sur le trimestre.

Le plus gros de la somme représente des pertes sur les stocks de figurines, mais cela recouvre aussi d'autres frais dont des indemnités de licenciement.

Selon une source proche du dossier, environ 300 emplois sont supprimés, en majeure partie à la suite de la fermeture du studio où les jeux étaient conçus à Salt Lake City.

Bob Iger a souligné qu'Infinity était «un bon produit», qui a été «bien reçu». Mais il a invoqué un manque de confiance sur l'évolution des revenus et le risque lié justement à la gestion des stocks de figurines.

«Nous sommes mieux lotis pour gérer le risque (...) en octroyant des licences à des éditeurs» tiers de jeux vidéo, ce sur quoi le groupe entend se concentrer à l'avenir.

Il peut par exemple compter sur les royalties générées par un jeu comme «Battlefront», inspiré de l'univers de «La Guerre des Etoiles», et qui a contribué à soutenir les résultats publiés également mardi par l'éditeur de jeux vidéo Electronic Arts.

Au final, la branche de produits dérivés, qui inclut les ventes des Disney Stores et les recettes des licences octroyées à des fabricants de jouets ou autres, accuse un chiffre d'affaires trimestriel en baisse de 2% à 1,19 milliard de dollars.

À l'approche de l'inauguration mi-juin du parc d'attractions de Shanghai, la branche recouvrant les activités touristiques (parcs, croisières, hôtels), a des revenus en hausse de 4% à 3,93 milliards, mais reconnaît que les dépenses liées à cette ouverture ont pesé sur ses bénéfices.

Tout cela a éclipsé l'envol de 22% à 2,06 milliards de dollars des recettes de la branche cinéma, portée par les succès en salles du dernier volet de Star Wars ou du dessin animé Zootopia.

Bob Iger n'a pas non plus levé les incertitudes sur sa succession après l'annonce du départ surprise le mois dernier de celui qui était considéré comme son dauphin, Thomas Staggs.

Répondant à un analyste, il s'est contenté d'indiquer qu'il n'avait «pas de plans actuellement» pour prolonger son contrat au-delà de l'échéance prévue de juin 2018, notant toutefois que le conseil d'administration estimait avoir «amplement le temps» d'identifier un successeur d'ici là.




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