GoDaddy démarre fort à Wall Street

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Blake Irving, président de GoDaddy

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
NEW YORK

Derrière son nom amusant et ses publicités controversées, GoDaddy est devenu le plus gros gestionnaire mondial de noms de domaines sur internet, et Wall Street semble l'avoir entendu.

Le groupe américain, qui en commercialisant des adresses internet remplit une mission essentielle au bon fonctionnement de la toile, s'est envolé de 30,75% mercredi pour son entrée au New York Stock Exchange.

Après avoir été introduit à un prix supérieur aux attentes de 20 dollars, le titre «GDDY» a ainsi clôturé sa première séance à 26,15 dollars.

Ce cours valorise GoDaddy dans son ensemble à presque 4 milliards de dollars.

Les 460 millions de dollars générés par l'entrée en Bourse serviront essentiellement à rembourser des dettes contractées lors du rachat en 2011 par les fonds KKR, Silver Lake et TCV, qui conserveront la majorité du capital.

Nom «stupide» et publicités sexistes

«Presque aussi vieux que l'internet lui-même», d'après son site internet, le groupe de Scottsdale (Arizona) remonte à 1997.

Le nom initial, «Jomax Technologies», est vite changé pour mieux se démarquer dans l'effervescence de la bulle internet, avec un choix aux allures de boutade: GoDaddy signifie «vas-y papa» en français.

«Au départ quand nous avons acheté la marque GoDaddy nous pensions que ça serait un peu trop stupide», racontera plus tard le fondateur Robert Parsons, un ex-Marine toujours présent au conseil d'administration. «Nous avons continué de chercher un meilleur nom, mais n'avons rien trouvé», et «c'est resté».

La communication de GoDaddy est à l'image de son nom, avec des publicités à l'humour potache remarquées lors des populaires finales du Super Bowl de football américain, mais critiquées pour leur sexisme.

Parmi les jolies «GoDaddy girls» légèrement vêtues qu'elles mettent en scène figure régulièrement la pilote automobile de NASCAR Danica Patrick, première femme à remporter une course d'IndyCar en 2008 et commanditée depuis des années par la marque.

GoDaddy a aussi fait longuement embrasser au mannequin Bar Rafaeli un geek à lunettes rondouillard pour illustrer le «mariage de l'intelligence et du sexy» censé le caractériser.

Au dernier Super Bowl, c'est toutefois un innocent chiot perdu qui a déchaîné les critiques. Il retrouvait sa maison où sa maîtresse l'accueillait à bras ouverts... car elle venait de le vendre sur son nouveau site internet créé avec GoDaddy. Les associations de protection des animaux ont obtenu le retrait du spot.

Tester l'appétit du marché

Dans ses présentations aux investisseurs, GoDaddy a tenté de dépasser cette image pour convaincre du sérieux et des perspectives de son activité.

Accrédité depuis 2000 par l'Icann, le régulateur mondial d'internet, pour enregistrer des adresses web, le groupe gérait 59 millions de noms de domaines fin 2014, soit 21% du marché mondial dont il revendique la première place.

Cette activité ne représentait toutefois que la moitié des 1,4 milliard de dollars de chiffre d'affaires réalisés l'an dernier (+23%), car GoDaddy propose aussi à ses 13 millions de clients des outils pour construire et gérer leur site web, y intégrer des courriels, une boutique en ligne..

Cet élargissement de l'activité n'a pas empêché une perte nette annuelle de 143 millions de dollars l'an dernier, mais a contribué à augmenter de 10% le revenu moyen par client.

GoDaddy mise aussi sur l'expansion à l'international (où il réalise seulement 25% de son activité, mais évoque un marché potentiel de plus de 200 millions de petits entrepreneurs), et sur l'essor de l'offre de domaines grâce au processus en cours d'autorisation de nouvelles extensions d'adresses.

«Les principaux risques incluent la concurrence croissante (par exemple Google Domains) et une dette élevée, mais GoDaddy a démontré sa capacité à générer des liquidités solides et de la croissance avec des services à valeur ajoutée, et à gagner des clients à l'international», estime Kathleen Smith, analyste du cabinet Renaissance Capital.

Le groupe teste aussi un éventuel retour d'appétit de Wall Street pour les introductions en Bourse, en net recul aux États-Unis au premier trimestre après une année 2014 «hyperactive», d'après Renaissance Capital: elles ont généré seulement 5,4 milliards de dollars, deux fois moins qu'un an plus tôt et trois fois moins qu'au dernier trimestre 2014.




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