Buy America: un danger pour les emplois

Selon le président du Groupe Canam, Marc Dutil, les... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Selon le président du Groupe Canam, Marc Dutil, les lois américaines ont réussi avec le temps à convaincre de plus en plus d'entreprises canadiennes d'investir aux États-Unis, y compris la sienne.

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Hélène Baril

Ce ne sont pas les entreprises du Québec qui risquent de souffrir le plus du protectionnisme américain, mais leurs employés, estime le président du Groupe Canam, Marc Dutil.

«Les entreprises peuvent très bien fermer une usine à Trois-Rivières pour en ouvrir une dans le Maine, a-t-il expliqué lors d'un entretien avec La Presse Affaires. Mais leurs employés ne peuvent pas les suivre.»

L'industrie de l'acier a officiellement réclamé hier aux gouvernements fédéral, provincial et municipal un combat contre le protectionnisme américain et l'adoption de mesures pour favoriser l'achat local, par exemple pour les gros ouvrages comme le futur pont Champlain.

Pour combattre le chômage qui sévissait chez eux après la crise financière de 2008, les Américains se sont servis de leur Buy America Act avec un zèle renouvelé. Cette législation est sur le point d'être étendue aux contrats attribués par le gouvernement fédéral.

La goutte qui a fait déborder le vase

L'État américain de l'Alaska a même voulu imposer des fournisseurs américains pour les travaux du terminal maritime qu'il loue à Prince Rupert, en Colombie-Britannique. Cette intention d'appliquer les mesures protectionnistes du Buy America Act au Canada a été la goutte qui a fait déborder le vase. Le ministre du Commerce international, Ed Fast, a même piqué une colère au début de la semaine. «L'application des dispositions protectionnistes Buy America sur le territoire canadien est inacceptable et constitue un affront à la souveraineté canadienne», a-t-il déclaré publiquement.

Selon le président du Groupe Canam, les lois américaines ont réussi avec le temps à convaincre de plus en plus d'entreprises canadiennes d'investir aux États-Unis, y compris la sienne. «Depuis deux ans, la majorité de nos employés sont américains», a-t-il illustré.

Marc Dutil s'inquiète de cette tendance et pense que le Canada doit réagir avant qu'il ne soit trop tard.

C'est aussi l'avis du président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, Éric Tétrault. Le front commun de l'industrie qui s'est manifesté hier agit à titre préventif, a-t-il précisé. À court terme, la reprise américaine, la faiblesse du huard et la baisse du prix de l'essence qui réduit les coûts de transport favoriseront les entreprises canadiennes. Mais les effets des mesures protectionnistes américaines continueront de se faire sentir à long terme. «C'est une question politique, un peu comme le bois d'oeuvre», a-t-il résumé.




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