Mediagrif vise le marché américain

Le PDG de Mediagrif, Claude Roy, discute avec un... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Le PDG de Mediagrif, Claude Roy, discute avec un employé dans les bureaux de l'entreprise. Pour croître, Mediagrif mise sur ses solutions maison, notamment celles qui s'adressent aux donneurs d'ordres qui cherchent des soumissions.

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Richard Dufour

Spécialisée dans le commerce électronique, Mediagrif voit beaucoup de potentiel pour augmenter ses revenus aux États-Unis, étant donné la taille du marché et la présence de l'entreprise de Longueuil dans l'échange de données informatisé (EDI).

Le titre du document de présentation que vient de préparer Mediagrif pour les investisseurs est d'ailleurs éloquent: «Focus on US revenue growth».

Pour croître, Mediagrif mise sur ses solutions maison, notamment celles qui s'adressent aux donneurs d'ordres qui cherchent des soumissions. Les services en ligne offerts par Mediagrif aident les entrepreneurs et les fournisseurs à saisir les occasions d'affaires gouvernementales au Canada et aux États-Unis.

«À partir du moment où de grands joueurs adoptent nos plateformes, ils deviennent dépendants. C'est un peu comme utiliser un terminal Bloomberg pour investir. Ça coûte cher, mais il est impensable de s'en départir», indique le PDG Claude Roy.

C'est aussi ce qui permet de générer des revenus récurrents.

«La récurrence des revenus nous permet de travailler pour le long terme, d'investir et de faire des acquisitions, car on sait ainsi assez fidèlement combien d'argent entre dans nos coffres de façon régulière», explique-t-il.

Près de 60% du chiffre d'affaires annuel de Mediagrif provient actuellement de revenus récurrents, et le PDG croit que cette proportion peut atteindre 75%.

La marge bénéficiaire d'exploitation (BAIIA/revenus) s'élève à environ 40% et, par la récurrence des revenus, Claude Roy croit pouvoir l'augmenter encore.

L'objectif avoué est de faire passer le chiffre d'affaires annuel d'un peu plus de 65 millions à 100 millions d'ici deux ans. Sur le même horizon, Claude Roy aimerait que la valeur boursière de Mediagrif, actuellement d'environ 300 millions, atteigne 500 millions, ce qui valoriserait l'action entre 30 et 35$.

Tout est faisable

«Pour avoir une capitalisation de 500 millions, ça nous prendrait un bénéfice d'exploitation (BAIIA) de 45 millions. Comme il s'approche de 30 millions présentement, c'est faisable. Ça nous prend 50% de 30 millions. Si on fait quelques acquisitions et qu'on obtient la pénétration qu'on pense pouvoir aller chercher avec nos solutions, on peut y arriver», dit-il.

Une critique qui revient souvent de la part des analystes est la faiblesse de la croissance organique des plateformes «traditionnelles» (Carrus, Global Wine&Spirits, Market Velocity, Polygon, etc.).

«Les marges d'exploitation qu'on réalise avec certaines de ces plateformes sont de l'ordre de 70%. Ça ne se trouve pas facilement. Ce sont des bijoux, et tu ne vends pas tes bijoux pour faire un voyage», dit Claude Roy.

Éviter de faire un «Campeau» de lui-même

La croissance par acquisition est un élément important de la stratégie chez Mediagrif. Claude Roy soutient qu'il a au moins cinq ou six dossiers à l'étude chaque trimestre.

«Certains sont écartés rapidement en raison de nos critères. Acheter n'est pas un problème. Si vous payez plus cher, vous allez l'avoir. C'est la discipline qui fait la différence», précise celui qui veut éviter à tout prix de se tromper en bouclant une acquisition.

«Je dis toujours que je ne veux pas faire un Campeau de moi-même», lance Claude Roy, en faisant référence à l'homme d'affaires Robert Campeau, qui a tout perdu à la suite des déboires financiers découlant de l'acquisition des magasins Bloomingdale's, à la fin des années 80.

«Robert Campeau était un génie de l'immobilier qui s'est lancé dans des choses qu'il ne connaissait pas. J'ai quatre ou cinq personnes autour de moi qui sont capables de m'arrêter chez Mediagrif si on devait considérer quelque chose comme ça.»

Et il sait de quoi il parle. «J'ai déjà fait un Campeau de moi.»

À l'époque où il dirigeait Logibec, une entreprise qu'il a fondée, amenée en Bourse puis vendue, il a réalisé une vingtaine d'acquisitions. «La seule qui n'a pas bien tourné est Visiontronique, et c'est celle que j'ai effectuée seul en me parlant dans le miroir. J'ai gaspillé 2 millions et cinq ans de ma vie à cause de ça.»

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L'HOMME QUI NE SERA PAS DRAGON

Claude Roy dit avoir été pressenti cet automne pour un des postes laissés vacants par le départ de François Lambert et de Gaétan Frigon à l'émission Dans l'oeil du dragon. «Mais [la télé], ce n'est pas pour moi», dit l'homme de 67 ans, en expliquant que toute son énergie est consacrée à sa famille et à Mediagrif. «Je veux demeurer en poste aussi longtemps que ma santé me le permet.»

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MEDIAGRIF EN BREF

Activité: plateformes de commerce électronique

Siège social: Montréal

Nombre d'employés: près de 400

Chiffre d'affaires: 65 millions

Dette nette: 25 millions

Actionnariat

Claude Roy: 22%

Investisseurs institutionnels: 50%

Cadres et employés: 6%

Public: 22%

Forces

> Équipe de gestionnaires aguerris

> Diversité des plateformes

Faiblesses

> Croissance organique inégale des plateformes traditionnelles

> Concentration élevée de la clientèle dans certains secteurs d'activités




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