L'alliance DirecTV-AT&T traduit les espoirs de croissance des télécoms

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Sophie Estienne
Agence France-Presse
New York

L'achat de DirecTV par AT&T illustre la recherche de relais de croissance des géants américains des télécoms, qui peinent à grandir encore sur leur marché traditionnel et misent sur le secteur en recomposition de la vidéo.

«La vidéo est le moteur de croissance clé pour l'ensemble du secteur», a affirmé lundi le PDG d'AT&T, Randall Stephenson, en présentant aux analystes l'opération de 48,5 milliards de dollars annoncée la veille. Le rapprochement avec DirectTV «changera la répartition de nos revenus» et «nous aidera à accélérer notre croissance».

Il y a trois ans, le projet d'AT&T pour racheter un plus petit opérateur de téléphonie mobile aux États-Unis, T-Mobile USA (filiale de l'allemand Deutsche Telekom), s'est heurté au veto des autorités américaines de la concurrence.

On lui a aussi longtemps prêté des vues sur le britannique Vodafone, qu'il a démenties en début d'année.

DirecTV lui ferait faire d'une pierre deux coups. Il apporte 18 millions de clients sur le marché jugé à fort potentiel de la télévision payante en Amérique latine. Et il permet à AT&T de passer de 5,7 à environ 26 millions d'abonnés à la télévision payante aux États-Unis, où il pourra prétendre à la deuxième place derrière un autre géant en formation entre les deux premiers câblo-opérateurs du pays, Comcast et Time Warner Cable (30 millions d'abonnés).

Quel intérêt stratégique ?

«Certains investisseurs peuvent s'interroger sur la valeur créée sur le long terme par une alliance rassemblant sous le même toit deux réseaux de distribution apparemment disparates», le satellite pour DirecTV, la téléphonie et la fibre optique pour AT&T, reconnaissent toutefois les analystes de Barclays dans une note.

Certains experts relèvent aussi que l'âge d'or de la télévision payante, satellitaire comme câblée, semble s'éloigner avec un ralentissement de la croissance des abonnements.

«La disponibilité croissante de contenus sur internet qui crée une plateforme vidéo alternative, parallèlement à un marché en expansion d'appareils connectés, force les fournisseurs de télévision payante à chercher d'autres voies pour augmenter leurs revenus», souligne le cabinet de recherche Trefis.

Les câblo-opérateurs compensent avec des abonnements internet à haut débit, mais les opérateurs satellitaires sont handicapés par une vitesse de transmission plus limitée. «AT&T pourrait fournir à DirecTV le réseau à haut débit dont ils ont besoin», selon Trefis.

Du côté d'AT&T, Randall Stephenson voit «l'opportunité de redéfinir l'avenir de la vidéo pour un monde mobile et à haut débit», en «intégrant la vidéo à toute sorte de services».

Grâce au réseau satellitaire de DirecTV qui lui donne accès à des zones géographiques où il n'était pas encore présent, il fait miroiter de nouvelles offres combinées d'ici 12 à 18 mois, et ambitionne de fournir du contenu sur n'importe quel écran: téléviseur, ordinateur, tablette, téléphone intelligent, et même en voiture ou en avion.

Nouvelles fusions à prévoir

L'autre poids lourd américain de la téléphonie Verizon investit lui aussi dans la vidéo. Il a son propre réseau de fibre, avec 5,3 millions d'abonnés pour la télévision fin mars, soit un niveau proche de celui d'AT&T, et il vient d'acheter les activités de télévision sur internet du fabricant de puces Intel.

L'annonce coup sur coup des mariages de Comcast et Time Warner Cable d'un côté, et d'AT&T et DirecTV de l'autre, pourrait selon les experts n'être que le début d'un nouveau tour de consolidation.

Un autre opérateur satellitaire, Dish Network, est au coeur des spéculations.

Son PDG Charlie Ergen a indiqué la semaine dernière n'avoir «pas l'argent pour surenchérir» sur les grosses offres du type de celle d'AT&T sur DirecTV.

«Nous serions surpris que Dish reste longtemps sur la touche», jugent toutefois les analystes de Credit Suisse, pour qui le groupe pourrait envisager, en particulier, un accord avec Verizon.

Un feu vert des régulateurs à une grosse acquisition pourrait parallèlement convaincre l'opérateur de téléphonie mobile Sprint, filiale du japonais Softbank, d'enfin lancer une offre sur T-Mobile USA. Là aussi, Dish est prêt à servir de plan B.




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