Redressement de Yellow Média: le nouveau PDG se donne quatre ans

«Notre premier actif, c'est notre marque. Sauf qu'elle... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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«Notre premier actif, c'est notre marque. Sauf qu'elle est très associée à l'imprimé. Nous voulons investir pour qu'elle soit de plus en plus associée au numérique», a dit hier Julien Billot, PDG de Yellow Média.

Photo Alain Roberge, La Presse

Entré en fonction le 1er janvier, le nouveau PDG de Yellow Média, Julien Billot, participait hier à sa première assemblée annuelle des actionnaires. Il en a profité pour lever le voile sur la stratégie qu'il entend mettre en place pour redresser ce géant en décroissance.

Il faut remonter à 2008 pour trouver la dernière année de croissance des revenus de Yellow Média, qui doit depuis plusieurs années gérer une diminution des ventes dans ses annuaires imprimés largement supérieure à l'augmentation de ses ventes numériques.

Devant les actionnaires de l'entreprise réunis hier, M. Billot a annoncé qu'il faudra encore attendre quatre ans, jusqu'en 2018, pour inverser cette tendance, qui se sera donc étirée sur une décennie.

Pour y parvenir, M. Billot a établi une stratégie articulée autour de trois piliers: développer la marque, lancer de nouvelles applications et sites, puis conquérir de nouveaux clients. «Notre premier actif, c'est notre marque, croit-il. Sauf qu'elle est très associée à l'imprimé. Nous voulons investir pour qu'elle soit de plus en plus associée au numérique.»

Cela se traduira notamment par des campagnes publicitaires nationales et par un changement d'appellation. Les abréviations «PJ», en français, et «YP», en anglais, seront mises de l'avant en remplacement de leurs versions longues.

Investir davantage

Les deux autres piliers nécessiteront des augmentations des dépenses en capital pour les années 2014 et 2015, a prévenu M. Billot.

D'abord, on voudra améliorer les différents sites et applications mobiles du groupe. M. Billot souhaite aussi lancer de nouvelles applications mobiles plus spécialisées et articulées autour de thèmes comme les restaurants, l'immobilier ou le magasinage. Elles seront en complément de l'application plus généraliste actuellement disponible.

Finalement, l'entreprise veut investir de différentes façons pour augmenter le nombre de ses clients.

«Présentement, nous ajoutons de façon brute environ 20 000 clients par année, explique M. Billot. J'aimerais voir ce nombre passer à 40 000 ou même à 60 000. Et nous voulons aussi mieux les traiter et avoir un vrai service à la clientèle digne de ce nom.»

Cela se fera notamment par l'augmentation de l'équipe de vente et l'élargissement de la gamme de produits.

Le papier n'est pas mort

Les revenus en provenance du numérique, qui ont représenté 46,6% de l'ensemble des produits au premier trimestre de 2014, devraient franchir le seuil des 50% en 2015, prévoit le nouveau président. Les annuaires papier n'en seront pas pour autant condamnés. «La réponse va dépendre beaucoup des zones et des régions, dit-il. C'est sûr que dans le centre de Montréal, l'annuaire papier, ce n'est plus comme avant. Mais quand on s'éloigne ne serait-ce que de quelques dizaines de kilomètres, dans les Laurentides par exemple, il y a encore beaucoup de gens qui utilisent le papier. Parce que ça donne en un seul livre toute la vie locale, c'est comme un catalogue de tous les commerces locaux.»

Yellow Média imprime et distribue partout au Canada environ 300 annuaires qui sont tous rentables, insiste M. Billot. «Ça reste une activité très rentable parce qu'elle n'est pas très coûteuse.»

Le gestionnaire d'origine française estime donc que son entreprise imprimera encore des annuaires pendant au moins 10 ou 15 ans, même si leur forme pourrait changer, en particulier dans les zones urbaines, là où «on va réfléchir à ce qu'est l'annuaire du XXIe siècle».




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