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Le studio d'effets visuels Modus FX ferme ses portes

L'équipe québécoise de Modus FX a notamment travaillé... (Photo Zade Rosenthal/Disney, Archives AP)

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L'équipe québécoise de Modus FX a notamment travaillé aux effets spéciaux du film The Avengers, en 2012.

Photo Zade Rosenthal/Disney, Archives AP

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Depuis un an, l'industrie québécoise des effets visuels a le vent dans les voiles avec l'arrivée de plusieurs studios européens. Mais elle vient de perdre un membre important: l'entreprise québécoise Modus FX, qui a fait des mandats notamment pour The Avengers et Now You See Me, a fermé ses portes vendredi dernier. Ses 100 employés devraient se replacer prochainement dans d'autres studios, selon l'un de ses dirigeants.

«Il y a eu un mauvais alignement des planètes», dit Yanick Wilisky, superviseur exécutif, cofondateur et l'un des actionnaires de Modus FX, une entreprise de Sainte-Thérèse fondée en 2007. Jusqu'au mois dernier, Modus FX était l'un des 10 studios d'effets visuels comptant au moins 100 employés au Québec.

Sa fermeture rappelle que l'industrie des effets visuels n'est pas toujours un eldorado financier. Aux États-Unis, deux studios majeurs, Digital Domain et Rhythm&Hues, se sont placés sous la protection de la Loi sur la faillite depuis deux ans avant d'être vendus. «C'est une industrie tellement fragile. Dans une bonne année, la marge de profit est de 8%. Si tu es un mois sans mandat, tu ne peux plus payer les employés», dit Yanick Wilisky.

Avec le recul, Modus FX a mal géré sa croissance, selon Yanick Wilisky. En 2012, le studio - détenu en majorité par Yanick Wilisky et le président Marc Bourbonnais - a obtenu deux contrats importants sur les films This Is the End et Now You See Me. «Nous avons pris deux contrats trop gros en même temps, dit M. Wilisky. Ensuite, nous avons commencé à vouloir nous restructurer et nous n'avons jamais vraiment été capables de le faire.»

En même temps, le goût du risque était l'une des raisons qui ont poussé Marc Bourbonnais et Yanick Wilisky, alors employés chez Hydride Technologies à Piedmont, à fonder Modus FX en 2007. «Les autres studios au Québec sont plus conservateurs, dit M. Wilisky. Quand nous avons commencé, nous voulions prendre plus de risques. Ça nous a fait de belles réussites, mais ça nous a aussi menés à la situation actuelle.»

Déboires financiers

L'arrivée de studios européens à Montréal comme Framestore et Technicolor/MPC n'a rien à voir avec les déboires financiers de Modus FX, selon M. Wilisky. «Ils amènent leurs propres contrats, dit-il. Quelques employés sont partis chez eux, mais c'est marginal. Au contraire, je vois beaucoup d'aspects positifs à leur arrivée. J'aurais aimé en profiter, mais je n'ai pas eu le temps.»

Il y a environ un mois, les dirigeants ont annoncé aux employés que Modus FX éprouvait de sérieuses difficultés financières. Le nombre d'employés est passé d'une centaine à une vingtaine. Les dirigeants tentent actuellement d'acquitter le salaire de leurs employés jusqu'à la fin, au contraire du studio montréalais Meteor qui a fait faillite en 2007 et qui n'a acquitté que 70% des salaires impayés de sa centaine d'employés.

Modus FX tente aussi de replacer ses ex-employés. «Je suis convaincu que tout le monde va se replacer. Framestore, MPC, Rodeo, Vision Globale: il y a plein de studios en ville qui engagent», dit Yanick Wilisky, 42 ans, qui veut rester dans l'industrie des effets visuels malgré la fin de Modus FX. «C'est décevant, mais je ne garde pas d'amertume, dit-il. Rien ne me passionne autant comme métier que les effets visuels. Je suis très fier de mes employés. Ensemble, nous avons fait de belles choses.»




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