Les télévisions de Rupert Murdoch plombées par leurs dépenses

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Rupert Murdoch

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
New York

Le réseau câblé américain Fox et les autres chaînes de télévision de Rupert Murdoch dépensent beaucoup, surtout dans le sport, ce qui réduit leurs bénéfices malgré des revenus en hausse.

La société 21st Century Fox, qui rassemble les activités audiovisuelles du magnat des médias, a publié jeudi un bénéfice net de 1,2 milliard de dollars, divisé par deux en un an, pour le deuxième trimestre de son exercice décalé (octobre-décembre).

Des effets exceptionnels entrent en ligne de compte, sans lesquels le bénéfice par action atteint pile les 33 cents qu'anticipaient les analystes. Mais le résultat d'exploitation recule, alors même que le chiffre d'affaires a progressé plus que prévu, de 15% à 8,2 milliards de dollars.

Le directeur financier, John Nallen, a souligné que les résultats solides des réseaux câblés et dans les droits de retransmission avaient été annihilés par de faibles performances dans le cinéma, des effets de change défavorables et d'importants investissements.

Les dépenses ont notamment bondi de 22% dans la division de réseaux câblés (Fox) suite au lancement de nouvelles chaînes, notamment la sportive Fox Sports 1, et à des coûts de programmation plus élevés en particulier dans le sport.

Le directeur d'exploitation, Chase Carey, a reconnu que bâtir une programmation pour les nouvelles chaînes était «douloureux» pour les comptes du groupe, mais assuré qu'elles seraient «une source de nouveaux bénéfices dans les années à venir».

Parmi les chaînes satellitaires, les marges de Sky Deutschland sont aussi sous pression en raison du coût des retransmissions des matchs de foot de la Bundesliga, relèvent les analystes de Bank of America.

American Idol et le cinéma déçoivent

Les revenus publicitaires ont augmenté «légèrement» pour les chaînes à diffusion traditionnelle, et de manière plus marquée sur le câble où 21st Century Fox évoque une croissance de 7% aux États-Unis et de 9% à l'international.

Mais elles risquent de souffrir de l'essoufflement des audiences des «concours de talents» X-Factor et American Idol, selon la direction, qui a aussi avoué une déception sur les studios de cinéma 20th Century Fox.

Les revenus tirés des films ont décliné comparé à l'année précédente, où ils avaient été dopés par la sortie cinéma de Taken 2 avec Liam Neeson et celle en DVD du dernier volet de la série d'animation L'âge de glace. Chase Carey a estimé que les grosses sorties attendues dans les six prochains mois, dont de nouveaux épisodes de «X-Men» et de la Planète des Singes, ne suffiraient pas à redresser la barre pour l'exercice en cours.

En conséquence, 21st Century Fox n'attend plus qu'une croissance de 5% à 9% environ pour son bénéfice d'exploitation Ebitda annuel. Elle estimait jusqu'ici possible de dépasser 10%.

Espoirs dans le numérique

Alors que le câblo-opérateur américain Time Warner Cable suscite les convoitises de son concurrent Charter, Chase Carey a envisagé de possibles effets positifs pour sa société d'une nouvelle consolidation du secteur.

«Les nouvelles plates-formes numériques (de diffusion de vidéo à la demande NDLR) pourraient croître encore plus vite», ce qui fournirait de nouvelles sources de revenus aux propriétaires de contenus, a-t-il jugé.

Il n'a pas exclu non plus que des acteurs plus gros développent de nouvelles technologies, notamment pour mieux cibler le public des publicités, qui «agrandiraient le gâteau pour tout le monde».

La diffusion numérique représente des revenus croissants pour le groupe, qui a encore annoncé jeudi un accord avec le service de vidéo en ligne d'Amazon pour sa série sur la Guerre froide The Americans.

21st Century Fox est l'une des deux sociétés nées fin juin de la scission de l'empire médiatique de Rupert Murdoch.

News Corp, qui a conservé les journaux et l'éditeur Harper Collins, enregistre aussi une expansion «encourageante» dans le numérique, selon son directeur général Robert Thomson.

D'après des résultats publiés séparément jeudi soir, les revenus publicitaires des journaux ont en revanche chuté de 10%. Au final, le chiffre d'affaires a reculé de 4% à 2,24 milliards de dollars et le bénéfice net fondu à 151 millions.




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