Grand pas pour le bitcoin à Montréal

L'appareil a été installé dans l'«Ambassade Bitcoin», un... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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L'appareil a été installé dans l'«Ambassade Bitcoin», un local situé boulevard Saint-Laurent, près de l'intersection de la rue Sherbrooke.

Photo Alain Roberge, La Presse

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Source de méfiance et de grande spéculation, la monnaie virtuelle bitcoin sera maintenant plus accessible que jamais à Montréal, avec l'installation sur le boulevard Saint-Laurent d'un premier guichet facilitant son acquisition.

LIRE AUSSI : Bitcoin: l'AMF avertit du risque de fraude >>

L'univers de la monnaie virtuelle bitcoin est maintenant plus accessible que jamais pour les Montréalais, avec l'ouverture hier d'un premier guichet automatique permettant de s'en procurer rapidement.

L'appareil a été installé dans l'«Ambassade Bitcoin», un local situé boulevard Saint-Laurent, près de l'intersection de la rue Sherbrooke.

Il permet à quiconque s'y présente de se procurer des bitcoins en échange d'espèces sonnantes et trébuchantes, sans qu'il soit nécessaire d'ouvrir d'abord un portefeuille virtuel capable de les accueillir.

«Le processus de vérification de l'identité quand on ouvre un portefeuille en ligne peut être très long, ça peut prendre quelques semaines, explique Guillaume Babin-Tremblay, directeur général de l'Ambassade Bitcoin. Au guichet, la vérification se fait par le biais d'un téléphone mobile. C'est beaucoup plus rapide.»

Le guichet permet de verser ses nouveaux bitcoins dans un portefeuille en ligne déjà créé ou d'imprimer un reçu qui servira de portefeuille en papier. Le reçu en question est alors le seul lien entre l'utilisateur et ses bitcoins.

«Il faut le protéger comme on le ferait avec de l'argent liquide», constate Fadi Azouz, président de Vx5 Technologies, l'entreprise qui exploite le guichet.

Rien de plus qu'un nom

Malgré son nom, l'Ambassade Bitcoin ne bénéficie d'aucun statut diplomatique. En fait, il s'agit simplement d'une entreprise privée vouée à la promotion du bitcoin. C'est à la suggestion de la communauté d'utilisateurs bitcoin que l'entreprise a opté pour le terme «ambassade».

«Ça donne une idée de notre mission, indique M. Babin-Tremblay. Il faut expliquer aux gens de quoi il s'agit. Nous nous voyons comme un point de service où les gens peuvent venir et apprendre comment faire des transactions ou sécuriser leur portefeuille.»

En plus du guichet, le local héberge de jeunes entreprises en démarrage évoluant dans l'univers de cette monnaie virtuelle.

L'une d'elles, Bylls, affirme permettre de payer des factures directement avec des bitcoins. Hydro-Québec, Bell, Vidéotron, Rogers, Telus et même la Ville de Montréal figurent dans la liste des fournisseurs de Bylls, qui s'appuie sur une base de données nationale d'émetteurs de factures et n'a donc pas eu à signer des ententes individuelles avec chacun de ces fournisseurs. Bylls paie ces entreprises en dollars, après avoir elle-même effectué la conversion.

Outil de blanchiment?

L'ouverture d'un guichet automatique pour la conversion de dollars en bitcoins soulève des questions relatives à la sécurité financière, notamment en ce qui concerne le blanchiment d'argent.

Selon Peter Lamey, porte-parole du Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE), il n'existe actuellement aucune obligation réglementaire de déclaration des transactions d'achat de bitcoins, peu importe leur valeur. La conversion d'une mallette bourrée de billets en bitcoins ne laisserait donc aucune trace.

«Même si on n'est pas obligés, on le fait volontairement», affirme M. Babin-Tremblay.

Une limite de 3000$ par personne, par jour, a ainsi été imposée au guichet. L'identification des clients est toutefois limitée à un numéro de téléphone mobile, de sorte qu'il serait possible de multiplier la limite en utilisant plusieurs lignes téléphoniques.

«Le CANAFE nous demande quand même de lui rapporter toute transaction suspecte», précise M. Babin-Tremblay.

Un employé posté en permanence près du guichet afin d'aider les clients serait en mesure d'observer de telles tractations, fait-il valoir.

Qu'est-ce qu'un bitcoin?

Le bitcoin est une monnaie virtuelle, dont la valeur fluctue selon l'offre et la demande. Un bitcoin vaut entre 850 et 950$CAN au moment d'écrire ces lignes.

On peut toutefois diviser un bitcoin en très petites parts, à huit décimales près.

Les bitcoins doivent être entreposés dans des portefeuilles virtuels. Ils s'échangent sur des marchés spécialisés. Chacun de ces marchés peut avoir ses propres règles et afficher des valeurs légèrement différentes.

Une histoire mouvementée

31 octobre 2008

L'article à l'origine du système bitcoin est publié sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto.

12 janvier 2009

Première transaction en bitcoins.

1er mars 2012

Un important vol de bitcoins (50 000) a lieu en raison d'une faille informatique.

27 mars 2013

Le marché des bitcoins atteint 1 milliard $US en valeur virtuelle.

29 novembre 2013

La valeur virtuelle des bitcoins culmine à 13,9 milliards $US (1132 $US l'unité), décuplée en six semaines.

18 décembre 2013

En quelques jours, la valeur virtuelle des bitcoins chute de moitié à 6,4 milliards $US (520$US l'unité). Depuis, elle s'est redressé autour des 800 $US.

27 janvier 2014

Le PDG du site de transactions de bitcoins BitInstant et vice-président de la Fondation Bitcoin, Charlie Shrem, est arrêté et accusé de blanchiment d'argent.

Sources: Bitstamp.net, Bitcoin wiki




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