Vincenzo Guzzo: «faire des films que le monde veut voir»

«Cessez de faire des films que personne ne... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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«Cessez de faire des films que personne ne veut voir. Ne tentez pas de réinventer la roue. Il y a des risques à toujours vouloir réinventer la roue et le pain», a déclaré hier Vincenzo Guzzo, conférencier invité au Cercle canadien de Montréal.

Photo Robert Skinner, La Presse

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Un peu plus d'un an après avoir provoqué une polémique en affirmant que les artisans québécois devraient «recommencer à faire des films que le monde veut voir», Vincenzo Guzzo, qui dirige les cinémas du même nom, persiste et signe.

«Il va falloir réaliser que si on veut continuer de faire des films que les gens viennent voir, il faut prendre en considération ce que le monde veut voir. Il ne faut pas faire de notre cinéma national québécois un cinéma d'éducation. Une des choses que les Québécois n'aiment pas, c'est de se faire faire des sermons», a déclaré Vincenzo Guzzo, chef des opérations et vice-président exécutif des Cinémas Guzzo, devant la tribune du Cercle canadien de Montréal, hier midi.

L'homme d'affaires a rappelé qu'il avait fait des études en économie et en statistique et que, par conséquent, il sait compter «contrairement à ce que laissent croire les rumeurs». Il a enchaîné avec la fréquentation des cinémas, qui est en baisse de 5,5% au Québec, stable dans le reste du Canada et en légère hausse aux États-Unis. «Ce n'est pas pour critiquer le cinéma québécois, parce que le cinéma américain ne nous a pas aidés non plus...», a-t-il précisé.

Appel aux cinéastes

À la lumière de ces données, le conférencier a demandé à nouveau aux cinéastes québécois de faire le genre de films qu'on a pu voir de 2002 à 2007, des films «que 500 000 personnes ont le goût de voir». Il y a 10 ans, les films québécois généraient 20% du chiffre d'affaires des cinémas Guzzo, contre moins de «3 ou 4%» aujourd'hui.

Vincenzo Guzzo jure qu'il diffuse «tous les films québécois» auxquels les distributeurs lui donnent accès. Même ceux qu'il n'apprécie guère. «Je veux des films avec une histoire qui me fait rire, qui me fait pleurer, qui me donne espoir, qui me fait croire en quelque chose. Souvent, je ne comprends rien... C'est déprimant, ça parle de suicide», a-t-il dit au cours d'un entretien, après sa conférence.

À l'automne 2012, Vincenzo Guzzo avait fait couler beaucoup d'encre en déclarant que l'industrie québécoise du cinéma, qui bénéficie de subventions, devrait faire plus de films pour le grand public. Les répliques parfois virulentes de l'industrie (distributeurs, cinéastes) et des chroniqueurs n'avaient pas tardé.

Investissements «qui font mal»

La baisse de fréquentation des salles de cinéma est d'autant plus déplorable, a fait savoir Vincenzo Guzzo, qu'elle survient au moment où des investissements majeurs doivent être faits par leurs exploitants. «Le numérique [l'installation de projecteurs], ça m'a coûté 11 millions et ça ne m'a rien rapporté [...], ça va me faire mal pendant les 5 à 10 prochaines années.»

Pour maintenir sa rentabilité, Guzzo mise sur le divertissement pour «aller chercher un ou deux dollars de plus dans les poches de chaque client». Les arcades ont pris de l'ampleur, l'offre alimentaire aussi. Et l'entreprise n'accepte toujours pas les cartes de débit puisque «les guichets automatiques me rapportent 150 000 dollars par année». Guzzo investit aussi dans des écrans géants IMAX qui présentent des films et des documentaires. Selon Vincenzo Guzzo, il est «impossible» d'augmenter le prix des billets, qui est plutôt en baisse depuis 10 ans.

Guzzo exploite 10 cinémas comprenant 142 écrans, dont 8 IMAX, et 35 000 places.




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