Journaux: disparition d'un quotidien payant, revenus encore en baisse

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Au Canada, trois quotidiens gratuits (24 Hours à Edmonton, Calgary et Ottawa, tous propriétés de Québecor) ont cessé leurs activités en 2013, d'autres quotidiens se sont transformés en hebdos.

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Ce n'est pas la fin des journaux au Canada. Mais pour la première fois depuis le déclin marqué de leurs revenus publicitaires à partir de 2007, un premier quotidien payant, le Kamloops Daily News, vient de rendre l'âme au Canada.

Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, les revenus de l'entreprise de journaux Postmedia ont encore diminué - une baisse de 8% cette fois-ci - au cours des trois derniers mois.

Le Kamloops Daily News, un quotidien payant de 27 000 lecteurs dans une ville d'environ 100 000 personnes en Colombie-Britannique, fermera ses portes d'ici mars, a annoncé son propriétaire, Glacier Media, lundi dernier.

Trois quotidiens gratuits (24 Hours à Edmonton, Calgary et Ottawa, tous propriétés de Québecor) ont cessé leurs activités en 2013, d'autres quotidiens se sont transformés en hebdos, mais le Canada avait réussi à conserver tous ses quotidiens payants, au contraire des États-Unis où des villes comme Denver, au Colorado, et et Tucson, en Arizona, ont perdu leur quotidien depuis 2009.

Jusqu'à l'annonce de la fermeture en mars prochain du Kamloops Daily News, un quotidien vieux de plus de 80 ans rattrapé par «les réalités de l'industrie, le marché publicitaire local et la situation des relations de travail», selon son éditeur. Glacier Media n'a pas commenté hier la fermeture de son quotidien.

Des fusions à venir

Accident de parcours ou signe annonciateur d'autres fermetures, le Kamloops Daily News? Les avis sont partagés. Même Paul Godfrey, PDG de l'entreprise de journaux Postmedia (10 quotidiens, dont le National Post et The Gazette), s'attend à d'autres changements, mais pas nécessairement à des fermetures. «À long terme, nous pourrions voir davantage des fusions [de journaux] que des fermetures, dit-il en entrevue à La Presse. Pour s'informer, les gens voudront faire confiance aux grandes marques avec lesquelles ils ont grandi. Les journaux survivront, mais ils devront livrer concurrence sur plusieurs plateformes et deviendront des entreprises de médias.»

L'Association canadienne des journaux ne veut pas tirer de conclusion hâtive à partir de la fermeture d'un quotidien ayant 27 000 lecteurs. D'autant plus que son propriétaire, Glacier Media, continuera de produire six autres quotidiens payants dans l'Ouest canadien. «La situation de Kamloops semble liée à une réalité publicitaire locale. Malgré leurs défis, les quotidiens restent forts. Une chose qu'ils ne voient pas, c'est une baisse du lectorat. Le défi est plutôt au niveau des revenus», dit John Hinds, PDG de l'Association des journaux canadiens.

Pertes d'emplois

Avec des revenus publicitaires en baisse de 18% entre 2006 et 2012, la quasi-majorité des quotidiens payants réduisent leurs dépenses pour éviter des états financiers écrits à l'encre rouge. Résultat: d'importantes pertes d'emplois. Depuis novembre 2012, Sun Media (Québecor) a réduit ses effectifs de 21% (1000 pertes d'emplois), Postmedia, de 12% (- 463 emplois) et Torstar, de 2% (- 150 emplois). La Presse a opté pour une stratégie différente: augmenter ses effectifs afin de lancer le quotidien sur tablette numérique La Presse+.

Ancien haut dirigeant de Radio-Canada, Sylvain Lafrance ne se fait pas d'illusions: le Kamloops Daily News ne sera pas le seul quotidien payant au pays à rendre l'âme au cours des prochaines années. «C'est assez évident qu'il pourrait y avoir d'autres fermetures, dit M. Lafrance, professeur à HEC Montréal. Ça ne signifie pas pour autant la fin des journaux, mais dans l'écosystème des médias, ce sont les médias écrits qui font face au plus grand nombre de changements en même temps et leurs coûts fixes sont extrêmement élevés.»




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