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ALENA: le Canada et le Mexique se demandent bien ce que veut Trump

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Lors de sa visite à la Maison-Blanche, mercredi dernier, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a notamment discuté de l'ALENA avec le président américain Donald Trump.

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Alexander Panetta
La Presse Canadienne
Arlington

Le négociateur en chef de la délégation américaine s'est contenté de lever ses épaules lorsqu'il a été interviewé sur l'état des négociations pour la refonte de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

John Melle a ouvert la porte, est entré dans une salle de travail et n'a prononcé qu'un seul mot: «fabuleux».

Mais tous ne partagent pas cette opinion. Le principal sujet de discussion tourne autour de l'idée que la délégation américaine ait reçu l'ordre de saboter les négociations afin de permettre au président Donald Trump de proclamer que l'ALENA est un échec.

Les négociateurs américains ont déposé une demi-douzaine de propositions, autant de grenades, fortement éloignées des objectifs de leurs partenaires canadiens et mexicains.

Les deux autres parties observent attentivement le langage non verbal des Américains quand ceux-ci présentent des propositions comme celle pouvant permettre l'abrogation de l'ALENA après cinq ans ou celle visant à affaiblir les mécanismes de règlement des différends.

Certains de ses négociateurs ont aidé à rédiger l'accord qu'ils veulent maintenant affaiblir. M. Melle a même loué les succès de l'ALENA. Une source non Américaine a comparé le langage non verbal des Américains à celui des moutons.

John Melle... (AFP) - image 2.0

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John Melle

AFP

«Ils disent tous: "Nous n'avons aucune souplesse sur cette question"», a-t-il dit.

Une autre source estime que les «négociateurs américains sont comme ces avocats qui détestent leurs clients».

Les regards se tournent vers Donald Trump.

Le président a souvent fait état de sa volonté d'invoquer la clause de résiliation de l'ALENA, qui lui permettrait de mettre fin à l'entente par un préavis de six mois afin de faire pression sur les autres pays pour obtenir des concessions.

Cela ressemble fort aux tactiques auxquelles il est souvent reproché à M. Trump de recourir: tout casser pour réparer plus tard.

Ses détracteurs l'accusent d'utiliser cette stratégie dans l'assurance-maladie, les jeunes sans papier et l'entente sur le nucléaire iranien : abolir la politique existante et ordonner à d'autres d'en élaborer une nouvelle, dans l'urgence, avant la fin d'une échéance. Le chaos s'en suit.

Et l'ALENA?

Les gouvernements canadien et mexicain ont bien l'intention de subir la tempête.

Ils ont dit qu'ils n'avaient aucune intention de présenter des contre-propositions combatives, évitant, par exemple de réclamer que le libre-échange soit élargi au bois d'oeuvre. Ils ont ajouté qu'ils préféraient faire preuve de patience.

Les négociateurs reconnaissent être perplexes devant les objectifs de M. Trump.

Plusieurs Canadiens disent que ceux-ci ne sont pas limpides. Essaie-t-il de provoquer les autres pays afin de les voir quitter les négociations? Veut-il proclamer l'échec des discussions? Aime-t-il dramatiser les débuts d'une négociation?

Une chose est de plus en plus sûre, selon eux: l'espoir de conclure une entente rapide d'ici Noël.

«Veut-on une entente? Oui! Veut-on une entente rapide? Oui!, a dit un officiel. Accepterons-nous n'importe quoi pour conclure une entente rapide? Bien sûr que non. Si cela nécessite plus de temps, cela nécessitera plus de temps.»




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