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Culture de haute performance au bureau de Manuvie Dorval

Plusieurs conseillers ou courtiers de la succursale de... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE)

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Plusieurs conseillers ou courtiers de la succursale de Placements Manuvie à Dorval auraient des revenus annuels qui dépassent largement le million de dollars, selon ce qui a été confié à La Presse.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Richard Dufour

Le bureau de Placements Manuvie, au coeur de l'enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF), est animé par une culture de haute performance où les courtiers sont constamment appelés à se dépasser.

Dans l'industrie, l'avis des nombreuses personnes jointes par La Presse converge: les courtiers y vivent à un rythme effréné et ne comptent pas leurs heures.

Les résultats seraient d'ailleurs au rendez-vous. L'automne dernier, le directeur de ce bureau, Camille Estephan, affirmait au magazine Finance et Investissement que Dorval est la succursale de courtage numéro un au pays au sein de la Financière Manuvie. Son actif sous gestion, qui se chiffre en centaines de millions de dollars, est le plus important du réseau canadien de Manuvie, et ce, depuis plusieurs années.

L'environnement de travail y est stimulant et peut même être intimidant pour certains. «C'est une école assez rigoureuse en termes d'horaires de travail, d'exigences, etc.», dit un ex-employé.

Le rythme de ce bureau au mobilier luxueux et à la décoration élaborée n'est pas fait pour tous. Dans les périodes fortes, c'est du 9 à 9 du lundi au vendredi. Les nouveaux doivent faire des sollicitations à froid (cold calls) pour développer leur clientèle, et seuls ceux qui persistent vont y rester.

«Ce n'est pas une école facile, mais c'est une excellente école. C'est beaucoup un rêve qu'ils vendent. Les 10 ou 12 conseillers les plus performants ont des Ferrari et des Lamborghini, et ça fait rêver des jeunes de 23 ans qui viennent de terminer leur bac à l'université», ajoute cette même source.

Plusieurs conseillers ou courtiers de la succursale auraient des revenus annuels qui dépassent largement le million de dollars, selon ce qui a été confié à La Presse.

«Certains employés ont un mode de vie qui ressemble à celui qu'on voit dans les films sur Wall Street, nous dit un autre ex-employé. Il y a des bourreaux de travail dans ce bureau et quand ils ne sont pas au travail, ils se payent des voitures, des voyages, des condos, des maisons, etc. C'est assez impressionnant comme rythme de vie.»

Manuvie a pu mettre la main sur cette succursale en 2007 à la suite de l'acquisition de Berkshire-TWC Financial Group. Le bureau de Dorval faisait alors partie d'un réseau de courtage en épargne collective et en valeurs mobilières de plus de 230 succursales.

Depuis le passage dans le giron de Manuvie, le bureau de Dorval aurait continué de fonctionner avec une certaine autonomie. L'ambition excessive a parfois provoqué des frictions avec le département de conformité de l'organisation, selon nos renseignements.

«Ils ne veulent pas se faire dire quoi faire. Ils ont toujours été indépendants, même du temps de Berkshire Securities [NDLR: aucun lien avec le conglomérat américain Berkshire Hathaway].»

Les dirigeants de la succursale de Dorval avaient une bonne relation avec l'ancien propriétaire, l'homme d'affaires Michael Lee-Chin, nous explique-t-on.

«La direction du bureau faisait les choses à sa manière et lorsque Manuvie a acheté Berkshire, l'équation a probablement changé. Je sais que ça a brassé. Quand tu as un historique de succès de près de 20 ans derrière toi, il y a un ego qui vient avec aussi», mentionne une source.

Joint par téléphone, Camille Estephan, directeur de la succursale de Dorval de Placements Manuvie, s'est dit dans l'impossibilité de répondre à nos questions, compte tenu du contexte actuel. Il n'a pas non plus été possible d'obtenir les commentaires du siège ontarien de la Financière Manuvie.

- Avec la collaboration de Francis Vailles

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LE SECRET LE MOINS BIEN GARDÉ EN VILLE

L'opération qui a permis à Amaya de mettre la main sur PokerStars s'est aussi avérée un des secrets les moins bien gardés de l'industrie. Le 20 mai, soit quatre semaines avant l'annonce de la transaction, l'analyste Neil Linsdell, de l'Industrielle Alliance, publiait un rapport de recherche dans lequel il disait s'attendre à ce qu'Amaya réalise une acquisition significative, vraisemblablement une plateforme de poker.

Quatre jours plus tard, le 24 mai, le site spécialisé CalvinAyre.com indiquait en citant des sources non identifiées qu'une entente avait été ficelée pour permettre à Amaya d'acquérir l'entreprise qui exploite PokerStars.

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DES PARALLÈLES ENTRE LA BOXE ET LA FINANCE

Le directeur de la succursale de Dorval de Placements Manuvie, Camille Estephan, est aussi le fondateur de la firme de promotion de boxe Eye of the Tiger Management. Il est notamment le gérant du boxeur David Lemieux (33-2, 31 K.-O.) qui doit se battre ce printemps dans un combat de championnat du monde de l'IBF (International Boxing Federation) chez les 160 livres. Né au Liban et fils d'un boxeur, Camille Estephan traçait d'ailleurs l'automne dernier plusieurs parallèles entre la boxe et le placement dans une entrevue accordée à la publication spécialisée Finance et Investissement. «Ce que j'attends d'un conseiller, et c'est la même chose pour un boxeur, c'est qu'il soit sérieux, travaillant et fier, qu'il veuille être le meilleur dans son domaine, chaque jour», disait Camille Estephan en octobre. Fondée il y a sept ans, Eye of the Tiger Management est le troisième promoteur en importance dans le monde la boxe au Québec, avec InterBox et GYM.




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