Earl Jones sort de prison

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Selon Service correctionnel Canada, Earl Jones s'était prévalu d'un processus de libération conditionnelle accélérée.

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Le fraudeur montréalais Earl Jones, condamné à onze ans d'emprisonnement en 2010 pour avoir floué des dizaines d'investisseurs, sort de prison ce jeudi après avoir obtenu sa libération conditionnelle.

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Earl Jones, en juillet 2009.

La Presse Canadienne

La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a rendu cette décision mercredi, soulignant que M. Jones était devenu admissible à une libération conditionnelle après avoir purgé le sixième de sa peine. Deux décisions judiciaires ont récemment tranché que la tentative du gouvernement fédéral d'abolir cette procédure accélérée de manière rétroactive était inconstitutionnelle.

Constatant que le détenu de 71 ans présentait un faible risque de récidive et qu'il y avait peu de chance qu'il commette une infraction violente à sa sortie de prison, la CLCC n'a eu d'autre choix que de lui accorder sa libération conditionnelle totale.

La décision écrite précise que M. Jones séjournera dans la communauté dans un endroit non identifié avant de déménager avec sa femme, afin d'éviter à cette dernière le stress du retour à la maison que pourrait engendrer l'attention des médias, notamment.

«Au début de votre incarcération, votre mariage était en péril, a écrit la Commission. Votre épouse rétablit graduellement le contact avec vous et vous êtes heureux de retrouver une nouvelle candeur avec elle.»

La Commission lui a imposé quelques conditions, dont celle de ne pas travailler dans le domaine de la gestion financière et de s'abstenir de contacter ses victimes.

«Vous avez causé assez de souffrance à toutes vos victimes, peut-on lire dans le document. Il n'y a rien que vous puissiez faire pour vous racheter et, à cause de vous, ces victimes vivront avec les conséquences de vos actes de trahison, d'avarice et de manque de décence jusqu'à la fin de leur vie», dit la décision.

M. Jones a plaidé coupable à des accusations de fraude en lien avec un stratagème à la Ponzi qu'il a élaboré en 1982. Le conseiller financier a extorqué quelque 50 millions de dollars à 158 victimes, dont de nombreux amis et proches. Un juge l'a condamné à onze ans de prison en février 2010.

Plusieurs de ses victimes ont vu s'envoler les économies de toute une vie.

Joey Davis, dont la mère a été escroquée de 200 000 $, a indiqué qu'un représentant de Service correctionnel Canada l'avait appelé pour l'aviser de la libération de Jones jeudi après-midi.

M. Davis, qui s'est dit surpris de la libération du fraudeur, a indiqué que l'homme sera tenu de se rapporter à un agent de libération conditionnelle une fois par semaine.

Earl Jones, qui était admissible à une libération conditionnelle après avoir purgé le sixième ainsi que le tiers de sa peine de onze ans, aura finalement passé près de quatre ans derrière les barreaux.

La décision précise qu'il a consulté un psychologue lors de sa détention et qu'il a démontré une certaine dose de remords par rapport à ses gestes. On y apprend aussi qu'il a travaillé comme concierge dans le pénitencier pendant trois ans, en plus de collaborer au projet Corcan, qui offre des projets aux détenus, comme la fabrication de meubles.

Virginie Nelles, dont la mère a également été flouée par le conseiller financier, a dénoncé sa remise en liberté.   « Pour tous les dommages, tous les malheurs qu'il a causés, c'est sûr que c'est beaucoup trop tôt, a-t-elle dit. Par contre, c'est notre système au Canada. On n'est pas comme aux États-Unis dans le cas du fraudeur Bernie Madoff, c'est 150 ans de prison, il ne va jamais sortir. Ça, c'est une bonne peine. Earl Jones, c'est une histoire complètement différente. »

Selon elle, la libération de M. Jones crée un inconfort parmi ses victimes et leurs proches. « On se sent vulnérables. Quand il était à Sainte-Anne-des-Plaines, on savait où il était. Maintenant, il est dans la communauté et il y a un sentiment un peu de crainte, de peur, de vulnérabilité. »

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, a abondé dans le même sens. « La criminalité à cravate entraîne des conséquences dévastatrices sur les personnes et les collectivités, a-t-il déclaré par l'entremise d'un porte-parole. C'est précisément pour cette raison que notre gouvernement conservateur a mis de l'avant des mesures qui empêcheraient les fraudeurs notoires d'être libérés dans les rues trop tôt; avant d'avoir payé leur dette à la société. »

« Nous ne pouvons pas discuter de cas spécifiques, mais nous croyons que la place de ceux qui s'en prennent aux Canadiens est derrière les barreaux », a ajouté le ministre Blaney.

- Avec La Presse canadienne




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