Pas d'austérité, se défend Marceau

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Le ministre des Finances, Nicolas Marceau

Photo Ivanoh Demers, archives La Presse

Les garderies à 7 $ par jour passeront à 8 $ dès septembre prochain, et à 9 $ un an plus tard. Ces tarifs, qui n'avaient pas été augmentés depuis 2004, seront indexés au coût de la vie à compter de 2016 prévoit le second budget Marceau.

À la veille des élections, le ministre Marceau a résisté à la tentation de distribuer des cadeaux aux contribuables. Pas de bonbons, «c'est le budget responsable dont le Québec a besoin, l'idée de le «vendre», dans n'importe quel contexte ne me posera pas de problèmes», dit-il quand on lui parle des élections imminentes.

Il ne craint pas de ressac chez les parents qui ont des enfants en garderie. Ils ont déjà payé jusqu'à 20 % de la facture, les hausses ramèneront leur participation à 16 %. Québec tirera 125 millions $ de recettes de cette mesure pour une pleine année, rappelle-t-il en conférence de presse.

Dans son budget déposé en fin d'après-midi, mardi, le gouvernement laisse prévoir des compressions, mais l'absence de «crédit budgétaires» lui permet de rester vague sur les coupures aussi douloureuses qu'inévitables s'il veut atteindre sa cible de 2 % d'augmentation de dépenses. Québec voulait avoir l'assurance de l'adoption de son budget avant de plonger dans les compressions, dira M. Marceau en justifiant son empressement à déposer un budget plus tôt cette année.

Il s'insurge quand on lui parle d'un budget «d'austérité», qui ne prévoit aucune nouvelle dépense budgétaire et aucune mesure fiscale. «C'est le budget dont le Québec a besoin. Il n'y a pas d'augmentation de taxe. On ne peut parler d'austérité quand les dépenses augmentent de 2 %, on ne parle pas de coupures, mais de contrôle des dépenses», dira-t-il.

Il défendra son choix dans son discours à l'Assemblée. «Certains proposent d'emprunter un faux raccourci en sabrant dans les dépenses. Pour notre gouvernement, il ne saurait en être question. Une telle démarche n'aurait pour effet que de ralentir la croissance. Notre gouvernement préfère la prospérité à l'austérité», a-t-il lancé, de son siège au Salon bleu.

Aucune mesure fiscale

Le budget minimaliste ne contient aucune nouvelle mesure fiscale, une première depuis des décennies. Dans son discours, M. Marceau a rappelé la série d'annonces faites par le gouvernement Marois depuis l'automne. Comme prévu en novembre dernier, le déficit sera de 2,5 milliards $ en 2013-2014 et de 1,75  milliard $ l'an prochain. La consommation toujours anémique et le faible niveau d'inflation réduisent encore les revenus prévus par rapport aux prévisions, de 112 millions $ en 2014-2015  et de 212 millions l'année suivante. Québec prévoit tout de même une augmentation de ses revenus autonomes de 3,6 % en 2014-2015, et de 4 % l'année suivante.

Le budget «ne prévoit aucune nouvelle mesure ou bonification de programmes existants ayant pour effet d'augmenter l'objectif des dépenses de programme», une brochette d'annonces - 6 millions $ pour les itinérants, 270 millions $ pour 3250 logements abordables - se financeront à même les budgets existants. 

Les méga budgets de la Santé et de l'Éducation augmenteront de 3 % en 2014-2015 -une injection de 1,4 milliard$. Ceux des autres ministères en revanche devront diminuer de 0,8 %, une coupe de 124 millions $. Québec demandera en plus une compression des dépenses aux organismes, une ponction de 150 millions $ cette année M. Marceau ne veut pas identifier.

La croissance globale des dépenses sera de 2,5 % en 2014-2015, de 2 % l'année suivante. Les transferts fédéraux plus importants que prévu ont réduit le milliard de dépenses à résorber, mais il en reste tout de même 530 millions $, de souligner le ministre.




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