Les variations du crâne des musaraignes selon les saisons intriguent la science

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Une étude laisse voir des variations de la taille du crâne des musaraignes entre l'été, l'hiver et le printemps suivant.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

La boite crânienne des musaraignes, ces petits mammifères ressemblant à des souris, peut se réduire de 20% à l'arrivée de l'hiver avant de retrouver quasiment sa taille initiale à l'approche du printemps, un phénomène surprenant que les scientifiques peinent à expliquer.

«Nous avons constaté que toutes les musaraignes étudiées subissaient une réduction importante de leur crâne entre l'été et l'hiver», explique Javier Lazaro, un chercheur au département ornithologie de l'Institut Max Planck en Allemagne, un des principaux auteurs de cette étude parue lundi dans la revue américaine Current Biology.

«Ensuite au printemps, la boite crânienne s'agrandit pour presque retrouver son volume initial l'été suivant», ajoute-t-il.

Ce phénomène, dit de Delhnel, du nom du premier scientifique à l'avoir observé, n'avait pas été jusqu'alors vraiment mesuré et documenté.

Pour ce faire, ces chercheurs ont étudié 12 musaraignes de l'été 2014 à l'automne 2015.

Ils ont anesthésié ces animaux avant de radiographier leur crâne et d'implanter une puce électronique sous leur peau pour pouvoir ensuite les identifier.

Ces mesures ont confirmé les variations de la taille du crâne entre l'été et l'hiver et le printemps suivant chez tous ces petits mammifères, sans exception.

Jusqu'à présent, «nous avons peu d'idée sur les causes de ce phénomène», admet Javier Lazaro.

Cette diminution de la taille n'affecte pas seulement le crâne des musaraignes avant l'hiver, mais aussi l'ensemble de leur organisme.

Ainsi, plusieurs organes majeurs perdent de la masse, la colonne vertébrale raccourcit et même le volume du cerveau diminue de 20 à 30%, précisent ces scientifiques.

Les musaraignes ont un métabolisme rapide et il est probable qu'une diminution de la taille de ces organes les aide à survivre en hiver quand la nourriture se fait plus rare, jugent-ils.

À la différence d'autres animaux, les musaraignes ne migrent pas vers des régions plus chaudes en hiver. Elles n'hibernent pas non plus comme les ours par exemple.

Mais «le fait de réduire la taille de la tête et donc du cerveau doit leur permettre d'économiser de l'énergie, puisque le cerveau en consomme beaucoup plus que le reste de l'organisme», explique Javier Lazaro.

Ce chercheur reconnait ne pas pouvoir vraiment expliquer comment le crâne peut rétrécir. Il note cependant que les tissus dans les sutures de la boite crânienne paraissent se résorber à l'approche de l'hiver avant de se régénérer au printemps, comme les tissus osseux.

«Cela signifie que toutes les musaraignes subissent ces changements tous les hivers, ce qui reste pour nous stupéfiant», relève le chercheur.

Cette équipe scientifique prévoit de poursuivre des recherches surtout sur les changements structurels qui se produisent dans le cerveau de ces petits mammifères alors que leur crâne se réduit et déterminer les effets sur leurs capacités cognitives.




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