Un véhicule solaire québécois pour l'Afrique

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C'est à la fois un moyen de transport et une petite centrale électrique mobile. Le Solar-E-Cycle, un véhicule solaire inventé par un Québécois, veut contribuer au développement économique des Africains qui vivent en régions isolées. Si certains aspects du véhicule ne convainquent pas tout le monde, il semble néanmoins répondre à certains besoins. Coup d'oeil sur une drôle de machine.

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La version à trois roues du Solar-E-Cycle

Photo fournie par Roger Christen

Après avoir construit quelques prototypes au Maroc, l'entreprise... (Photo fournie par Roger Christen) - image 1.1

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Après avoir construit quelques prototypes au Maroc, l'entreprise en démarrage de M. Christen est en train de fabriquer 70 véhicules au Kenya, où ils seront déployés pour la première fois dans un vrai contexte.

Photo fournie par Roger Christen

Le véhicule

Oubliez le design dernier cri et les matériaux de pointe : le Solar-E-Cycle se veut un véhicule peu coûteux et facile d'entretien. Sa structure est faite de cadres de vélo, et elle abrite une batterie et un moteur. Sur le toit trône un gros panneau solaire. Le véhicule peut accueillir trois passagers et jusqu'à 300 kg de charge, et parcourir 50 km par jour. Vitesse de pointe : 50 km/h, selon son concepteur. D'autres versions ont été conçues, dont l'une à trois roues surtout destinée à la livraison.

L'homme

Roger Christen explique avoir passé les 28 dernières années en Afrique, où il a surtout aidé différents pays à gérer des projets d'investissements de la Banque mondiale. C'est en voyant les habitants marcher des kilomètres chaque jour pour aller chercher de l'eau et revenir chargés de lourds bidons qu'a germé l'idée d'un véhicule capable de les aider. « Ça fait des années que je pense à ça, et à un moment donné, je me suis dit qu'il était temps de passer à l'action », explique l'homme de 67 ans.

Le double usage

Le Solar-E-Cycle est d'abord un moyen de transport qui pourrait amener les enfants à l'école, acheminer les malades vers la route principale ou transporter de l'eau ou des matériaux. Mais il peut aussi servir de petite centrale électrique mobile. « On peut y charger son téléphone ou brancher une lampe ou une pompe à eau. Ou alors brancher une petite machine à coudre ou une machine pour couper les cheveux et la transformer en source de revenus », explique Roger Christen, qui souligne que 622 millions d'Africains vivent actuellement dans des maisons qui ne sont pas branchées au réseau électrique.

LE MODÈLE D'AFFAIRES

Bien conscient que les gens à qui s'adresse son produit n'ont pas les moyens de l'acheter, Roger Christen propose de louer le véhicule pour une somme allant de 50 cents à 1 $ par jour. « On peut penser à plusieurs familles qui se mettent ensemble pour le louer. Chacun peut avoir sa journée pour aller au marché », illustre l'entrepreneur.

Le développement

Après avoir construit quelques prototypes au Maroc, l'entreprise en démarrage de M. Christen est en train de fabriquer 70 véhicules au Kenya, où ils seront déployés pour la première fois dans un vrai contexte. Ce projet est financé par The Energy and Environment Partnership, un programme de développement pour l'Afrique financé par les gouvernements de la Finlande, de l'Autriche et du Royaume-Uni. « On participe à toutes sortes d'appels de projets et de concours de différents bailleurs de fonds », précise M. Christen.

Les routes

Maxime Allard, chargé de programme pour l'Afrique chez Oxfam-Québec, aime l'idée de louer des panneaux solaires à faible coût à des gens qui ne peuvent se les payer. Il a toutefois certaines réserves sur l'aspect « véhicule » du Solar-E-Cycle. « Il faut quand même avoir des routes en assez bon état pour y faire rouler un tel véhicule, commente-t-il. En milieu rural et en brousse profonde, les vélos et motos me semblent plus adaptés, surtout pendant la saison des pluies. » « Nous ne prétendons pas avoir la solution pour toutes les situations qui peuvent survenir en Afrique, répond M. Christen. Mais je travaille depuis 28 ans sur le continent et je constate qu'il est rare de trouver un village où il n'existe pas une piste pour accéder en 4 x 4. »

La poussière

L'autre grande préoccupation de Maxime Allard, d'Oxfam, est l'entretien des panneaux solaires. « La poussière en milieu sahélien et ailleurs, la pluie et le mauvais temps en milieu plus tropical, feraient en sorte que l'autonomie serait beaucoup moins importante qu'annoncée », craint l'expert, qui juge néanmoins l'idée « intéressante » et tient à souhaiter bonne chance au promoteur.




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