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Accusé de «fraude scientifique», un chercheur est dépouillé de l'Ordre du Canada

Ranjit Kumar Chandra... (Photo d'archives)

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Ranjit Kumar Chandra

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La Presse Canadienne
OTTAWA

L'Ordre du Canada a chassé de ses rangs le professeur Ranjit Kumar Chandra, ancien chercheur à l'Université Memorial, de Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador, qui a été accusé de fraude scientifique par certains de ses pairs.

Le docteur Chandra avait été fait officier de l'Ordre, deuxième grade de la récompense, en décembre 1989. Son exclusion, décrétée en décembre, a été annoncée cette semaine dans la Gazette du Canada.

L'automne dernier, le BMJ (anciennement connu sous le nom de British Medical Journal) a formellement renié l'article du professeur Chandra publié en 1989 sur le rôle de l'allaitement naturel et du lait maternisé dans l'eczéma infantile. La revue scientifique disait alors douter de la validité des données et estimait que la recherche présentait de graves lacunes scientifiques.

La réputation du docteur Chandra, qui se faisait appeler «le père de l'immunologie nutritionnelle», avait commencé à décliner en 2002, lorsque la même revue britannique a mis en doute un autre de ses articles scientifiques. Il avait quitté cette année-là l'Université Memorial.

En juillet 2015, le professeur Chandra a été débouté dans sa poursuite en libelle intentée contre le réseau anglais de Radio-Canada, qui avait diffusé en 2006 un documentaire sur les allégations de fraude portées contre le chercheur. Selon la CBC, M. Chandra a été condamné par le tribunal à verser 1,6 million $ pour couvrir les frais judiciaires de sa poursuite.

Sur son site Internet, on lit que M. Chandra est actuellement président du Centre d'immunologie nutritionnelle et d'allergies, en Inde. Il serait aussi PDG de Peridot Life Sciences, de Gurgaon, en Inde, une société pharmaceutique spécialisée dans l'«immunologie nutritionnelle».

Il est rare que l'Ordre du Canada, créé en 1967, dépouille quelqu'un de sa décoration; le plus souvent, les exclus ont été reconnus coupables d'un crime après leur nomination. C'est le cas de l'ex-président de l'Association des joueurs de hockey Alan Eagleson, de l'ancien magnat de la presse Conrad Black, du producteur torontois Garth Drabinsky et du marathonien en fauteuil roulant Steve Fonyo.

L'Ordre du Canada peut aussi révoquer une nomination si la conduite de la personne «constitue un écart de conduite grave» qui porte «atteinte à la réputation, à l'intégrité ou à la valeur de l'Ordre», ou si la personne «a fait l'objet d'une sanction officielle, telle une amende ou un blâme par un organe d'arbitrage, une association professionnelle ou toute autre organisation».

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