Les médecins saoudiens en formation pourront rester au Canada

Selon les premières déclarations de l'Arabie saoudite, début... (Photo James Brosher, archives The New York Times)

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Selon les premières déclarations de l'Arabie saoudite, début août, le rapatriement de tous les étudiants saoudiens devait être effectif dès le 31 août, mais la date limite avait par après été reportée au 22 septembre.

Photo James Brosher, archives The New York Times

Les quelque 1000 médecins résidents ou post-doctorants saoudiens qui terminaient leurs études au Canada pourront rester jusqu'à l'obtention de leur diplôme, a révélé ce soir le Globe and Mail.

Au début du mois d'août, l'Arabie saoudite avait promis de retirer tous ses étudiants du Canada afin de protester contre « l'ingérence » d'Ottawa, qui avait demandé la libération de prisonnières politiques. Cette mesure aurait eu pour effet de priver le Canada de 1053 médecins - en résidence ou en surspécialisation (fellow) - qui traitent déjà des patients. La Presse avait alors calculé qu'environ 250 d'entre eux pratiquaient au Québec.

Selon le Globe and Mail, le millier d'étudiants concernés ont reçu en fin d'après-midi aujourd'hui un courriel du ministère saoudien de l'Éducation les avisant qu'ils « pouvaient conserver leur poste jusqu'à ce qu'une affectation alternative » leur soit attribuée, a indiqué Andrew Padmos, directeur général du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, cité par le quotidien torontois.

Émile Cloutier, président et directeur général de SoinsSantéCan, organisation qui représente des hôpitaux partout au pays, a précisé au Globe que la majorité des étudiants pourront vraisemblablement terminer leur formation ici, vu la difficulté que peut représenter leur relocalisation à l'étranger. D'autres amorcent tout simplement la dernière année de leur parcours universitaire.

Selon M. Cloutier, retirer ces ressources aux établissements de santé canadiens aurait non seulement forcé les hôpitaux à composer avec ces départs subits, mais aurait également mis en jeu la carrière des jeunes médecins visés par cette mesure.

Il a par contre ajouté ne pas savoir ce qu'il adviendra des résidents et fellows qui ont déjà quitté le Canada au cours des dernières semaines. Il ignore également si des étudiants pourront ou non amorcer un nouveau programme cette année.

Lorsqu'a éclaté la crise, le ministère québécois de la Santé avait indiqué à La Presse que ces médecins étaient « en surnuméraire » et que les hôpitaux étaient « en mesure de fonctionner sans leur présence ». Le ministre de la Santé Gaétan Barrette avait toutefois concédé que certains protocoles de recherche auraient pu être affectés.

Les associations de patients, les regroupements étudiants ainsi que la Fédération des médecins spécialistes avaient toutefois signifié leurs inquiétudes.

« Nous ne pouvons pas remplacer tous ces médecins résidents saoudiens avec notre liste de remplacement », avait d'ailleurs déploré le Dr Ahsan Alam, médecin et directeur du programme de résidence en médecine interne de l'Université McGill, dans un courriel interne qu'avait La Presse.

Selon les premières déclarations de l'Arabie saoudite, le rapatriement de tous les étudiants saoudiens devait être effectif dès le 31 août, mais la date limite avait par après été reportée au 22 septembre.

Le 5 août dernier, Riyad a rappelé son ambassadeur à Ottawa et déclaré l'ambassadeur du Canada « persona non grata ». L'Arabie saoudite avait également annoncé un gel des échanges commerciaux entre les deux pays, affirmant rejeter « catégoriquement l'ingérence d'autres États dans [ses] affaires intérieures ».

Ces mesures faisaient suite à une déclaration du Canada, dont l'ambassade s'était dite « gravement préoccupée » par une nouvelle vague d'arrestations de militantes pour les droits des femmes effectuées par les autorités saoudiennes. Ottawa avait notamment cité le cas de Samar Badawi, soeur du blogueur emprisonné Raif Badawi.

« Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des droits de l'homme », avait déclaré l'ambassade canadienne dans un communiqué publié sur Twitter.

Au cours des jours qui ont suivi, le premier ministre Justin Trudeau a refusé de présenter ses excuses malgré la crise diplomatique qui faisait rage entre les deux pays.




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