Québec ressuscite le Commissaire à la santé

Le gouvernement Couillard a décidé de ressusciter le... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le gouvernement Couillard a décidé de ressusciter le Commissaire à la santé et au bien-être, un chien de garde dont il avait annoncé l'abolition dans la controverse il y a deux ans.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

(Québec) En toute fin de mandat, le gouvernement Couillard ressuscite le Commissaire à la santé et au bien-être, un chien de garde dont il avait annoncé l'abolition dans la controverse il y a deux ans.

Philippe Couillard avait créé cet organisme en 2005, au moment où il était ministre de la Santé. Or, 11 ans plus tard, son gouvernement a invoqué des raisons financières pour le supprimer. Le budget du Commissaire s'élevait à 2,7 millions de dollars par année. Plusieurs groupes avaient dénoncé la mesure, accusant Québec de vouloir museler la critique.

Le commissaire en fonction à l'époque, Robert Salois, avait réagi en disant que le gouvernement se privait «d'un regard critique et neutre pour éclairer la prise de décisions». Il commettait ainsi une «erreur du point de vue d'une gouvernance qui se veut moderne et transparente», avait-il ajouté.

L'abolition du Commissaire figurait au budget du printemps 2016, mais elle devait être inscrite dans une loi pour se concrétiser. La mesure s'est ainsi retrouvée dans un projet de loi que le ministre des Finances Carlos Leitão a déposé l'automne dernier et qui est actuellement étudié par l'Assemblée nationale. Le gouvernement a annoncé hier sa décision d'amender son projet de loi et de renoncer à l'abolition du poste de commissaire.

«Une négociation gagnante du PQ a permis d'annuler l'abolition», s'est félicitée la porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Diane Lamarre.

Une «décision réfléchie», dit Barrette

De son côté, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a soutenu que la «décision initiale [avait été] prise dans le cadre de la révision de programme», qu'il a «fait des représentations auprès du gouvernement» et que «la situation budgétaire actuelle permet de le ramener». C'est pour lui une «décision réfléchie».

Il n'en demeure pas moins que le ministre a eu quelques passes d'armes mémorables avec le commissaire Salois, parti à la retraite en 2016. Dans son tout dernier rapport cette année-là, le commissaire avait conclu que le Québec affichait la pire performance en Occident pour ce qui est de l'attente dans les urgences. M. Barrette avait eu une réaction virulente. «Qu'est-ce qu'on apprend là-dedans? On apprend qu'il y a du monde meilleur que nous autres. Wow! Est-ce qu'on a besoin d'un rapport pour savoir ça? La réponse est non. Qu'est-ce qu'on a appris de plus dans ce rapport-là? Rien», avait pesté M. Barrette. En suggérant de revoir le mode de rémunération des médecins, le commissaire «se trompe et il est mal informé». Son scepticisme au sujet des supercliniques prouve qu'«il n'a pas compris comment ça fonctionne», avait-il ajouté.

Depuis l'annonce de son abolition en 2016, l'organisme vivote. La quasi-totalité des employés sont partis.




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