Nombre record de donneurs d'organes et de personnes transplantées

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Plus de 3 millions de Québécois ont donné leur consentement pour que leurs organes soient prélevés à leur décès.

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Magdaline Boutros
La Presse Canadienne

Un nombre record de patients ont reçu une transplantation au Québec l'an dernier, révèlent les plus récentes données publiées par l'organisme Transplant Québec.

En tout, ce sont 510 personnes qui ont reçu un don d'organe en 2017. Ce chiffre était de 480 en 2016 et de 507 en 2015.

Au cours des cinq dernières années, ce sont 2442 patients qui ont pu bénéficier d'un don d'organe au Québec.

Année après année, c'est la greffe de rein qui est la plus pratiquée dans la province. L'an dernier, 293 reins ont été transplantés. La greffe de poumon suit avec 130 transplantations, 117 patients ont reçu une greffe de foie, 44 personnes ont obtenu un nouveau coeur et 6 patients ont subi une greffe de pancréas.

Enfin, sept patients ont bénéficié d'une greffe d'îlots pancréatiques, un traitement qualifié de «novateur» pour soigner le diabète.

Ce nouveau sommet dans le nombre de personnes transplantées dans la province est attribuable à une augmentation du nombre de donneurs. Là encore, il s'agit d'un record au Québec.

En 2017, les médecins québécois ont réussi à prélever des organes sur 182 donneurs décédés. Ils étaient 170 en 2016 et 172 en 2015.

Incidemment, la liste d'attente a considérablement diminué dans les dernières années. En date du 31 décembre, 786 personnes espéraient recevoir un don d'organe, ce qui représente une diminution de 40 pour cent en six ans.

Le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu, se réjouit de ces données «prometteuses». Il s'empresse toutefois d'ajouter que des progrès peuvent encore être réalisés. «Il y a encore des gens qui décèdent sur la liste d'attente», glisse-t-il.

L'objectif de Transplant Québec est d'atteindre le plateau des 700 personnes transplantées par année d'ici 2021. Pour y parvenir, plus de donneurs devront être trouvés. «Il faut augmenter notre nombre de donneurs à 220 et pour y arriver, il faut investir davantage», soutient M. Beaulieu.

Un choix qui est rentable pour l'ensemble de la société, ajoute-t-il. Uniquement grâce aux greffes de rein, des économies annuelles récurrentes de 17 millions sont réalisées en évitant aux patients de suivre des traitements de dialyse.

Trois axes ont été identifiés par Transplant Québec pour atteindre cet objectif: la formation du personnel hospitalier pour que celui-ci soit en mesure d'identifier et de référer les donneurs, l'organisation des services de dons d'organes pour leur permettre d'être mieux structurés et l'éducation du public.

Plusieurs conditions à réunir

Louis Beaulieu souligne que plus de 3 millions de Québécois ont donné leur consentement pour que leurs organes soient prélevés à leur décès.

Plusieurs conditions doivent toutefois être réunies pour que ce voeu se concrétise, souligne-t-il. Le patient doit décéder à l'hôpital, il doit se trouver en situation de mort cérébrale, le personnel hospitalier doit être en mesure de maintenir la circulation sanguine ainsi que la respiration pour ne pas que les organes se détériorent, ceux-ci doivent être en bonne condition, etc.

Incidemment, c'est à peine plus d'un pour cent des personnes qui meurent à l'hôpital qui ont le potentiel de devenir des donneurs d'organes.

«Sur les 30 000 décès qui surviennent à l'hôpital chaque année au Québec, cela représente un potentiel de 350 donneurs si toutes les conditions sont réunies», explique M. Beaulieu.

«On travaille sur de très petits nombres. Chaque fois qu'il y a 100 décès à l'hôpital, il y a un ou deux donneurs. C'est pour ça que c'est très important de bien former le personnel et de bien organiser les services.»

Énoncer clairement sa volonté à ses proches est également crucial. «Quand le don d'organe survient, c'est toujours dans une situation très difficile, donc quand on a déjà communiqué notre décision à nos proches, c'est beaucoup plus facile pour eux d'honorer notre volonté.»

Trois moyens pour exprimer son consentement pour le don d'organes et de tissus:

  • L'inscription au Registre des consentements au don d'organes et de tissus de la Régie de l'assurance maladie du Québec
  • La signature de l'autocollant au dos de la carte d'assurance maladie
  • L'inscription au Registre des consentements au don d'organes et de tissus de la Chambre des notaires du Québec




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