Aide médicale à mourir: un «manque de préparation» reproché au CHUM

« La preuve révèle que malgré que la date... (Photo Marco Campanozzi, Archives La Presse)

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« La preuve révèle que malgré que la date de l'entrée en vigueur des dispositions de la loi ait été connue à l'avance, l'équipe [du CHUM] n'était pas prête pour intervenir », a écrit un juge du Tribunal administratif du travail dans une décision récente.

Photo Marco Campanozzi, Archives La Presse

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Pas de protocole implanté, pas de formation dispensée. Malgré une période de 18 mois pour se préparer, le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) n'était pas prêt à gérer son premier cas d'aide médicale à mourir lorsqu'il est survenu, fin 2015, révèle une décision de justice.

Une infirmière des soins palliatifs de l'hôpital a évoqué ce retard en tentant de faire reconnaître que la mort accélérée de ce premier patient lui avait causé un stress post-traumatique.

« La preuve révèle que malgré que la date de l'entrée en vigueur des dispositions de la loi ait été connue à l'avance, l'équipe n'était pas prête pour intervenir », a écrit le juge administratif Michel Larouche, du Tribunal administratif du travail, dans une décision récente où il souligne un « manque de préparation ».

Il a toutefois rejeté la demande de l'infirmière qui souhaitait être indemnisée.

Le CHUM ne contredit pas directement les conclusions de M. Larouche, mais indique que « le protocole était bel et bien développé au moment de la première demande d'aide médicale à mourir ». Était-il implanté ? Pas de réponse du CHUM.

Selon la décision, « des documents étaient en cours de validation » en décembre 2015 lorsqu'un homme atteint d'un cancer de la gorge et hospitalisé aux soins palliatifs a demandé à mourir. Il s'agirait du premier cas à survenir au CHUM. « L'unité des soins palliatifs est prise au dépourvu », écrit M. Larouche.

REFUS DE PARTICIPER

L'infirmière M.F. était habituée à voir des patients mourir dans son travail au sein de cette unité. Mais de là à contribuer activement à la mort d'un patient, il y a un pas que la professionnelle ne voulait pas franchir. Alors que les infirmières avaient été réunies pour discuter de la marche à suivre, l'infirmière M.F. a informé son patron qu'elle refusait d'y participer. Demande acceptée.

Mais le surlendemain, jour choisi pour l'administration de l'aide médicale à mourir, on lui demande de trouver une veine sur le patient et d'aider à le déplacer sur une civière, ce qu'elle fait. Elle apporte aussi du soutien à la famille du malade. Elle n'est toutefois pas impliquée directement dans sa mort.

Dans les jours suivants, l'infirmière vit « des cauchemars, une perte d'énergie et une grande tristesse ». Un médecin pose un diagnostic de stress post-traumatique, mais un « rapport médical final » retient plutôt un diagnostic d' « anxiété post-traumatique », relate la décision.

PAS UN ACCIDENT DE TRAVAIL

Le juge administratif Larouche a conclu que « c'est le fait qu'un patient ait décidé de se pourvoir du protocole sur l'aide médicale à mourir qui est à la source de son état », mais que comme ce sont les « convictions » de l'infirmière qui sont choquées, il ne s'agit pas d'une lésion professionnelle que la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST, l'ex-CSST) doit couvrir. Il confirmait ainsi la décision de l'organisme.

« Le manque de formation du personnel n'a eu aucun impact », a déterminé M. Larouche.

L'infirmière M.F. a refusé la demande d'entrevue de La Presse.

« Chaque demande d'aide médicale à mourir représente une charge émotive pour toutes les personnes qui y participent, dont les professionnels », a déclaré le CHUM par la voix de sa porte-parole Isabelle Lavigne.




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