Le centre de désintox Mélaric ferme à nouveau ses portes

En février 2016, la fermeture du centre Mélaric... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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En février 2016, la fermeture du centre Mélaric avait fait les manchettes lorsque son ancienne administration avait soutenu que des coupes dans les programmes d'aide sociale par le gouvernement Couillard en étaient la cause.

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Aux prises avec un immeuble en sérieuse décrépitude et miné par des dettes laissées par un ancien directeur, le centre de désintoxication Mélaric, tout juste relancé par la Fondation Robert Piché, ferme à nouveau ses portes.

Alors qu'un groupe d'anciens administrateurs veut tenter un ultime sauvetage, l'ex-pilote de ligne Robert Piché dit ne pas voir de solution pour le maintenir en vie.

«Il manque au minimum 750 000 $ pour rénover l'édifice et 500 000 $ pour développer de nouvelles ressources afin d'augmenter le nombre de lits. Notre plan de relance était réaliste sur papier, mais on a eu des imprévus. Le prêteur hypothécaire a exigé qu'on rembourse les intérêts sur un prêt, ce qui nous a forcés à gruger dans nos réserves de liquidités. On courait constamment après l'argent. Ce n'était pas viable», assure M. Piché.

Laurent Kochenburger, un des anciens intervenants du centre Mélaric, dit maintenant vouloir «cogner à certaines portes» pour tenter un ultime sauvetage. « Nous avons une rencontre demain [aujourd'hui] avec les anciens membres du C.A. On va essayer de faire les choses comme elles auraient dû être», dit M. Kochenburger.

«Je ne vois pas comment [le groupe de Laurent Kochenburger] pourrait arriver à éliminer les dettes», réplique M. Piché.

En février 2016, la fermeture du centre, qui accueillait largement une clientèle judiciarisée, avait fait les manchettes lorsque son ancienne administration avait soutenu que des coupes dans les programmes d'aide sociale par le gouvernement Couillard en étaient la cause.

Or, selon une étude obtenue à l'époque par La Presse, le centre Mélaric avait accumulé entre 2012 et 2014 des déficits totalisant plus de 647 000 $, largement dus à des «agissements non responsables d'un ancien directeur général congédié en 2013». Des dizaines de milliers de dollars en taxes sur les salaires des employés n'avaient pas été payés aux gouvernements fédéral et provincial, poussant l'administration suivante à porter plainte à l'Ordre des comptables professionnels agréés contre le comptable qui avait vérifié les livres pendant ces années. Le comptable a été disculpé par son syndic en juillet dernier, mais une ordonnance de non-publication nous interdit de faire état des délibérations.

«Il manquait beaucoup de sous»

La Fondation Robert Piché avait repris le centre en avril 2016, le renommant centre Robert Piché-Elphège Roussel. Mais après des mois de recherche de financement, la nouvelle administration vient d'annoncer qu'elle met fin à ses activités. La fondation dit avoir versé plus de 65 000 $ dans l'aventure. «On a reçu des dons personnels d'amis pour pouvoir payer les salaires des employés», affirme M. Piché.

«Contrairement à la précédente administration, on n'a pas voulu faire un show de boucane avec ça. On a essayé de faire notre annonce sobrement, dans les règles de l'art», ajoute-t-il.

Le CISSS des Laurentides, appelé en renfort pour aider la fondation à maintenir le centre, croit que tout a été fait. «On a vu les nouveaux administrateurs se creuser les méninges depuis des semaines pour trouver des solutions et des financiers. On ne voyait pas comment on pourrait y arriver. Il manquait vraiment beaucoup de sous», affirme la porte-parole Myriam Sabourin.

Pendant ses belles années, le centre Mélaric accueillait jusqu'à 80 personnes. À peine une quarantaine de lits étaient remplis depuis la réouverture. «Il y a maintenant six centres dans les Laurentides qui offrent des services semblables. Une partie des problèmes de Mélaric découle aussi du fait qu'il y a une certaine concurrence sur le territoire», affirme Mme Sabourin.




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