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Deux centres d'injection supervisés de Montréal ouvriront dans «quelques semaines»

De 200 à 300 injections seront effectuées chaque... (PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE)

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De 200 à 300 injections seront effectuées chaque jour dans les quatre centres.

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Après des années de démarches et de débats politiques, les deux premiers centres d'injection supervisée au Québec ouvriront leurs portes dans quelques semaines à Montréal. Les sites CACTUS, au centre-ville, et Dopamine, dans Hochelaga-Maisonneuve, ont finalement reçu leurs exemptions légales finales de Santé Canada pour accueillir les toxicomanes de la métropole.

«C'est une grande journée pour le Québec. Je ne sais pas si vous réalisez : nous sommes le deuxième endroit au Canada où il y aura des sites d'injection supervisée!», s'est réjoui la ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois hier après-midi en point de presse. Santé Canada avait fourni une exemption à ces sites en février dernier, mais une ultime inspection était nécessaire pour donner le feu vert.

Ces deux sites d'injection attendus de longue date par les groupes communautaires et les organismes de santé publique seront ainsi inaugurés «à court terme». Les exemptions devraient «venir assez rapidement» pour le troisième site fixe, Spectre de rue, dans le quartier Centre-Sud, et l'unité mobile de l'organisme l'Anonyme, selon la ministre.

La salle d'injection flambant neuve de CACTUS Montréal, ouverte aux médias hier, semblait déjà parfaitement opérationnelle. Une boîte de seringues stériles était déjà bien visible sur le comptoir d'accueil. Les dix cubicules ouverts offrent une certaine intimité aux usagers, alors que d'imposants miroirs permettent aux deux infirmières présentes en tout temps d'observer l'état de santé des consommateurs de drogue injectable. Une salle adjacente permet d'offrir des soins de santé au besoin.

Au quotidien, de 140 à 215 injections devraient être effectuées à CACTUS, évalue la Direction de la santé publique de Montréal. Ce site situé dans le Quartier latin est de loin le plus gros des quatre centres d'injection supervisée. Neuf autres cubicules d'injections seront répartis dans les trois autres centres. En tout, il pourrait donc y avoir environ de 200 à 300 injections quotidiennement. Rappelons que la drogue n'est pas fournie par le personnel.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) prévient qu'il n'y aura «aucune zone de tolérance» à l'extérieur des sites d'injection. Le commandant Simon Durocher assure que les policiers auront «à l'oeil» les trafiquants de drogue dans ces secteurs. «Il n'y a pas de police en face [du site]. Pas de policier, pas de photo. Les gens viennent en toute confidentialité», a immédiatement précisé Dr Richard Massé, directeur de santé publique du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.

Ces sites d'injection supervisée permettront aux utilisateurs de drogue par injection d'avoir accès à du matériel stérile et à une aide médicale immédiate, un modèle basé sur le site Insite à Vancouver. « [Ça va] augmenter l'utilisation des services en désintoxication et en traitement de dépendance et réduire les nuisances suscitées par la consommation de drogue dans l'espace public, les seringues qui traînent notamment», a expliqué Lucie Charlebois. 

Chaque année à Montréal, on compte 17 morts causés par les drogues injectables. Sans compter les centaines de toxicomanes qui contactent l'Hépatite C ou le VIH en utilisant une seringue souillée. Aussi, le centre jouera un rôle crucial pour la lutte au fentanyl, une drogue qui fait des ravages à Vancouver. « Ça va devenir une pierre d'assise pour répondre à une crise d'opioïde. On ne sera pas épargné par le fentanyl. On sait que ça va circuler tôt ou tard», prévient Richard Massé.

Les étapes à suivre

  1. Inscription de l'usager (nom ou pseudo) 
  2. Accès à un cubicule dans la salle d'injection
  3. Distribution du matériel stérile (seringue, tampon d'alcool, garrot, etc.)
  4. Auto-injection de la drogue
  5. Surveillance des signes de surdose par l'infirmière
  6. Destruction du matériel utilisée
  7. Accès à une salle de répit
  8. Contact avec un «pair aidant»




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