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IRCM: le «petit» institut qui continue de rêver grand, 50 ans plus tard

En « excellente santé financière », l'IRCM n'a aucune difficulté... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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En « excellente santé financière », l'IRCM n'a aucune difficulté à attirer dans ses locaux modernes des sommités qui profitent d'une grande indépendance.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

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Depuis 50 ans, les chercheurs de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) tentent de percer les mystères des fléaux modernes dans leur laboratoire. Leur tableau de chasse n'a pas cessé de s'allonger au fil des décennies : hypertension, cholestérol, diabète, VIH/sida, etc. Unique au Canada, l'institut indépendant des grandes universités a gagné une réputation internationale depuis sa fondation par un chercheur visionnaire, le Dr Jacques Genest.

« C'est un succès formidable ! On est aujourd'hui un des meilleurs centres au Québec, au Canada. On est reconnus mondialement et on a gardé les mêmes principes du fondateur qu'il y a 50 ans », s'emballe le Dr Tarik Möröy, président et directeur scientifique de l'IRCM, en entrevue dans son bureau ayant une vue à couper de souffle sur le mont Royal et le vénérable Hôtel-Dieu.

Le Dr Genest, une sommité dans la recherche sur l'hypertension artérielle, a remporté son pari un peu fou, le 17 avril 1967, au terme d'une décennie d'efforts : créer un centre de recherche indépendant et y réunir des médecins alors aux antipodes, les cliniciens et les chercheurs fondamentaux. Ces deux principes fondateurs sont toujours uniques au pays et font la fierté de l'Institut, aujourd'hui affilié à l'Université de Montréal (UdeM) et à l'Université McGill.

Cette indépendance académique était une « révolution » à l'époque, raconte le Dr Michel Chrétien, chercheur à l'IRCM depuis sa fondation. À 81 ans, le vétéran chercheur et ancien directeur de l'Institut pendant une décennie a bien connu le fondateur, maintenant âgé de 97 ans. 

« Ç'a été très ardu. Une telle institution en dehors des sentiers battus a fait des vagues au niveau politique et académique. Mais le Dr Genest avait un dossier extrêmement fort et un caractère extrêmement puissant. »

Depuis, les « deux solitudes de la recherche scientifique », les médecins cliniciens et les chercheurs en recherche fondamentale, unissent leurs forces sous le même toit, un concept inspiré de l'Institut Rockefeller de New York. « Ainsi, les échanges sont beaucoup plus fréquents et probablement plus rentables scientifiquement », souligne le Dr Chrétien, directeur du laboratoire en endoprotéolyse fonctionnelle de l'IRCM et professeur émérite à l'UdeM.

Dans le grand hall de l'Institut, avenue des Pins, La Presse a d'ailleurs croisé par hasard le Dr Rémi Rabasa-Lhoret, un éminent chercheur dans le domaine du diabète, à la tête d'une équipe d'une vingtaine de chercheurs. Ce jour-là, le médecin-clinicien était de garde à l'Hôtel-Dieu, de l'autre côté de la rue, et profitait d'une pause entre deux consultations pour retourner à son bureau. « Je rêve de découvrir quelque chose ! », lance-t-il pour résumer sa passion. Son rêve un peu fou est d'ailleurs à portée de main : guérir le diabète de type II, une découverte qui pourrait changer la vie de millions de personnes.

Concept unique

Les chercheurs de l'Institut peuvent ainsi mener des études cliniques auprès de patients triés sur le volet afin de vérifier la validité de leurs découvertes. Le Dr Rabasa-Lhoret, par exemple, teste un pancréas artificiel externe sur des patients atteints de diabète de types I et II. « C'est unique, parce que nous ne sommes pas un hôpital. Nous sommes un centre de recherche. On a au premier étage des cliniques ambulatoires et des cliniques de recherche. Dans un institut qui est très fondamentaliste, c'est très rare. Habituellement, ça se passe dans les grands hôpitaux », illustre le Dr Möröy.

Cinquante ans plus tard, le petit institut rêvé par le Dr Genest continue de voir grand. En « excellente santé financière », l'IRCM n'a aucune difficulté à attirer dans ses locaux modernes des sommités qui profitent d'une grande indépendance. « Nous avons 33 laboratoires, et chaque labo est dirigé par un professeur d'unité de recherche. Il a son staff et gère ses propres fonds », explique le Dr Möröy, lui-même chercheur à l'Institut et également titulaire de la Chaire de recherche du Canada (niveau 1) en hématopoïèse et différenciation des cellules immunitaires à l'UdeM.

Un pancréas artificiel pour soigner le diabète, une enzyme qui pourrait diminuer des cas coriaces de cholestérol, un traitement potentiel pour les leucémies lymphoïdes, une percée importante pour soigner certains cancers du sein : ces découvertes passées et présentes des chercheurs de l'IRCM sont source d'espoir pour des millions de malades. « Il faut compter sur l'innovation pour avoir un succès, et l'innovation vient des centres de recherche et des universités. Il faut faire beaucoup de recherches fondamentales pour créer des éléments d'innovation. Je vois l'avenir de l'Institut de façon extrêmement positive », affirme le Dr Möröy.




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