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Drogues les plus injectées au Québec: les opioïdes rejoignent la cocaïne

Les médicaments opioïdes sont maintenant les drogues que... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les médicaments opioïdes sont maintenant les drogues que s'injectent le plus souvent les Québécois, à égalité avec la cocaïne, révèlent de nouvelles données de l'Institut national de santé publique du Québec.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

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Pour la première fois de l'histoire, les médicaments opioïdes sont maintenant les drogues que s'injectent le plus souvent les utilisateurs de drogues injectables (UDI) de la province, à égalité avec la cocaïne, révèlent de nouvelles données de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

«Au Québec, la cocaïne était la drogue la plus souvent injectée depuis les années 80. Mais on voit une tendance lourde depuis quelques années : la cocaïne diminue et les opioïdes prennent de l'essor.

«Pour la première fois, ces substances sont maintenant à égalité», note la Dre Carole Morrissette, responsable médicale au secteur Vigie et protection de la Direction de santé publique de Montréal.

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Drogues injectées le plus souvent au Québec (2010 / 2014):

  • Cocaïne ou crack : 49% / 43%
  • Médicaments opioïdes : 40% / 43%
  • Héroïne : 9% / 10%
  • Autres drogues : 1% / 4%

Source : INSPQ

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Les médicaments opioïdes consommés par les UDI proviennent généralement d'ordonnances détournées.

Selon le directeur général de l'Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues, Jean-François Mary, cette hausse, visible partout en Amérique du Nord, est attribuable à différents facteurs. «Il y a notamment la question que c'est accessible, et moins cher», dit-il.

Enquête annuelle

Les données de l'INSPQ ont été recueillies grâce à un programme de surveillance des maladies infectieuses chez les utilisateurs de drogues injectables (réseau SurvUDI). Depuis une quinzaine d'années, des milliers d'utilisateurs de drogues injectables sont sondés chaque année pour dresser un rapport sur leur situation.

Karine Blouin, coordonnatrice du réseau SurvUDI, explique qu'en raison de leur format, les médicaments opioïdes sont injectés plus souvent par les utilisateurs. «Il s'agit souvent de comprimés qu'il faut diluer avant de s'injecter. Il faut parfois trois ou quatre injections pour une dose. La dépendance est aussi très forte, ce qui peut augmenter le nombre d'injections», dit-elle.

«La proportion de participants qui rapportent s'être injectés fréquemment dans le dernier mois (120 fois ou plus) est significativement plus élevée chez ceux qui se sont injecté le plus souvent des médicaments opioïdes (2,42 fois) ou de l'héroïne (1,45 fois) comparativement à ceux qui se sont injecté le plus souvent de la cocaïne ou du crack», peut-on lire dans le rapport SurvUDI de l'INSPQ.

Le fait que les consommateurs de médicaments opioïdes par injection se font un plus grand nombre d'injections n'est pas sans conséquence. «Leurs risques de contracter le VIH ou l'hépatite C sont accrus», affirme la Dre Morrissette, qui ajoute que les risques de surdoses augmentent aussi.

Changer d'approche

Pour la Dre Morrissette, la hausse de la consommation des médicaments opioïdes est «préoccupante» et pousse les autorités de santé publique à modifier leur approche. «Les techniques d'injection ne sont pas les mêmes pour les opioïdes. On doit donc revoir le message et le matériel distribué», illustre-t-elle.

Des études ont par exemple permis de déterminer qu'une filtration combinée des médicaments opioïdes permet de diminuer les risques pour les utilisateurs. Ce message doit être communiqué, et enseigné, aux utilisateurs. Un processus qui sera facilité par l'installation de lieux d'injection supervisée à Montréal, croit la Dre Morrissette.

M. Mary ajoute que le modèle de soins pour les utilisateurs de drogues injectables a été conçu autour d'une consommation principalement de stimulants, comme la cocaïne. «Depuis cinq ans, les choses ont changé rapidement avec les opioïdes. Il faut adapter le modèle de soins», dit-il.

Le délai avant de pouvoir entreprendre un traitement à la méthadone, qui peut atteindre un mois en région, doit notamment être réduit, selon lui. M. Mary croit aussi que tous les médecins devraient être en mesure de prescrire un traitement à la méthadone. «Présentement, ils peuvent prescrire ce qui rend dépendant, mais pas le traitement», note-t-il.




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