Compressions: des points de service ambulanciers pourraient disparaître 

Des points de service ambulanciers pourraient disparaître dans différentes... (Archives La Presse, Olivier Pontbriand)

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La Presse Canadienne

Des points de service ambulanciers pourraient disparaître dans différentes régions, si Québec impose des compressions de 121 millions $ aux entreprises ambulancières, comme il compte le faire dans ses nouveaux contrats de service avec celles-ci.

La Corporation des services d'ambulance du Québec, qui représente plus de 90 pour cent des entreprises ambulancières à l'extérieur de la métropole, tente de faire invalider par la Cour supérieure les nouveaux contrats de service qui lient ses membres au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Dans sa requête, la Corporation des services d'ambulance soutient que les modifications apportées aux contrats avec les entreprises ambulancières signifieraient «une compression budgétaire de l'ordre de 121 millions $» sur trois ans, selon ses calculs.

Si de telles compressions étaient appliquées, les entreprises ambulancières devraient faire des choix, arguent-elles.

«Ça représente environ 10 pour cent de moins de financement de la part du ministère, annuellement», a expliqué lundi au cours d'une entrevue Émile Bonneau, coordonnatrice aux communications chez Dessercom, l'une des entreprises concernées, qui dessert plusieurs municipalités au Québec.

«Si on se retrouve à avoir une baisse de revenus assez considérable pour que certains points de service ne soient plus rentables - on parle surtout de petits points de service en région - c'est évident que c'est le genre de conséquences qui pourraient arriver. (Et ce sera) évidemment au détriment du service à la population», a déploré Mme Bonneau.

Les points de service permettent par exemple de mieux desservir un vaste territoire pour éviter que les ambulances aient à franchir une trop grande distance.

Denis Perreault, directeur général de la Corporation des services d'ambulance, affirme d'abord qu'il est prématuré de conclure à des fermetures de points de service. «Avant de faire de telles conclusions, il faut laisser la cour faire l'évaluation à savoir est-ce que le tout a été convenu de façon conforme à la loi», argue-t-il.

Quand on lui a soumis les déclarations de Dessercom, M. Perrault a affirmé que la situation pourrait être délicate. «C'est sûr que si, malheureusement, ce contrat-là se met en force, et qu'on est obligé de respecter les mêmes obligations envers nos paramédics, il y a des décisions de gestion qui vont devoir être prises. Donc d'une entreprise à l'autre, la conclusion ou la décision va être différente. Ça va être laissé à chacun de faire ses compressions là où c'est possible», a-t-il ajouté.

Le cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette n'a pas souhaité commenter «des faits qui sont allégués dans une procédure judiciaire».

Son attachée de presse, Julie White, a souligné néanmoins que le ministre était «ouvert à discuter avec les compagnies ambulancières».

Le litige MSSS-entreprises ambulancières se complique du fait que ces entreprises sont en pleine période de négociation des conventions collectives avec les différents syndicats.

D'ailleurs, la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, qui représente plusieurs syndicats du secteur ambulancier, a demandé à intervenir dans la cause.

Le litige qui entoure ces contrats de service «fait en sorte que les négociations pour le renouvellement des conventions collectives stagnent et bloquent en raison de l'incapacité, alléguée par les entreprises ambulancières, de conclure une entente de principe en raison de l'insécurité juridique» quant au cadre qui les régit et quant aux budgets dont elles disposent, écrivent les syndicats dans leur requête.

Au cours d'une entrevue lundi, Jean Gagnon, représentant du secteur préhospitalier à la FSSS-CSN, a affirmé ne pas avoir eu vent de menaces touchant des points de service en particulier. «Il n'y a rien de concret pour l'instant», a-t-il affirmé.

«Ça fait des années qu'on fait des représentations en considération de la charge de travail et des horaires de faction qui sont jugés désuets. Alors pour nous, ça ne fait que rajouter aux problèmes qu'on décrie depuis plusieurs années - advenant que ce soit le cas», a-t-il commenté.




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