La FIQ anticipe une commission Charbonneau de la santé

La FIQ n'a pas été invitée à participer... (Archives La Presse)

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La FIQ n'a pas été invitée à participer à la consultation. Sur la photo, des drapeaux brandis lors qu'une manifestation contre des compressions budgétaires en 2013.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Le Québec pourrait devoir mettre sur pied une Commission Charbonneau de la santé, si le projet de loi 130 est adopté, selon la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Régine Laurent.

Elle dit craindre de voir le copinage s'installer dans le réseau de la santé et le nombre de nominations partisanes se multiplier, en raison des pouvoirs accrus que s'attribue le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Avec ce projet de loi, qui fait l'objet d'une consultation depuis mardi, le ministre Barrette s'arroge encore plus de pouvoirs sur le choix des administrateurs du réseau, ce qui n'augure rien de bon pour la suite des choses, a déploré Mme Laurent en conférence de presse, mardi.

«Je ne le souhaite pas, mais je pense qu'on est en train de mettre en place tout ce qu'il faut pour qu'on soit obligé dans quelques années de demander une Commission Charbonneau dans la santé», selon elle.

«Il a tous les pouvoirs», dit-elle, en parlant du ministre Barrette.

Le ministre, croit-elle, pratique la micro-gestion et la politique du mur à mur à travers le Québec, décide de tout, et n'a plus aucun compte à rendre, notamment sur la politique d'achats regroupés.

À son avis, tout se met en place pour que les gestionnaires du réseau, nommés par le ministre, se sentent obligés de répondre à la lettre à ses directives, et n'agissent pas en toute transparence, donc «à l'encontre d'une saine gouvernance», a dit la présidente de la FIQ, un organisme qui n'a pas été invité à participer à la consultation.

En privé, victimes d'une «omerta», les gestionnaires, «assis sur des sièges éjectables», disent craindre les représailles du ministre s'ils n'obtempèrent pas à ses demandes, selon elle.

Le projet de loi fait en sorte que le ministre contrôlera les conseils d'administration des établissements, en s'arrogeant le pouvoir d'autoriser ou non tout projet de règlement, dénonce encore Mme Laurent, mécontente de voir le ministre choisir lui-même désormais les adjoints des présidents d'établissements, en plus des présidents eux-mêmes.

Le ministre Barrette a réagi brièvement, en disant qu'il n'avait «aucune idée» de ce à quoi Mme Laurent faisait référence. Il a dit juger parfaitement «normal qu'il y ait une certaine uniformité des règles» dans un réseau comme celui de la santé.

Déposé en décembre dernier, le projet de loi a aussitôt déclenché la colère des médecins, qui, eux, y voyaient une atteinte directe et inacceptable à leur autonomie professionnelle.

Les deux principaux regroupements de médecins (la Fédération des médecins spécialistes et la Fédération des médecins omnipraticiens) ont dénoncé la volonté de contrôle de M. Barrette sur leur pratique au quotidien.

Le ministre Barrette dit viser en fait à augmenter l'efficacité du réseau en accroissant la productivité des médecins, de gré ou de force, grâce à de nouveaux pouvoirs octroyés aux directions des centres hospitaliers.

Les gestionnaires auront désormais le pouvoir de punir les médecins dont la pratique ne répondra pas aux besoins de l'établissement et à son fonctionnement optimal au jour le jour.

Les médecins devront donc se soumettre aux obligations de services formulées par les dirigeants de centre hospitalier où ils pratiquent et aux horaires de travail imposés par la direction. S'ils refusent, ils pourraient s'exposer à des mesures disciplinaires, voire à perdre carrément le privilège de pratiquer dans tel ou tel hôpital.




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