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Stress post-traumatique: des premiers répondants veulent une stratégie nationale

Natalie Harris craignait les instants de sommeil. (Photo archives Le Soleil)

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Photo archives Le Soleil

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Laura Kane
La Presse Canadienne
Vancouver

Natalie Harris craignait les instants de sommeil.

En tant que jeune ambulancière à Barrie, en Ontario, Mme Harris se couchait en appréhendant son prochain cauchemar. Presque chaque nuit, elle se réveillait en sursaut, en cris et en sueurs, a-t-elle confié. Le matin, elle s'assoyait en ayant des frissons de panique, peinant à enfiler son uniforme.

«Je pleurais et pleurais... je n'arrivais pas à me contrôler et j'ignorais pourquoi, s'est-elle remémorée. J'aurais voulu avoir une jambe fracturée. Si j'avais pu avoir simplement quelque chose pouvant s'expliquer et se réparer, alors ma récupération aurait été beaucoup plus facile. (...) Éventuellement, le suicide était ma seule option pour fuir (les pensées) terribles dans mon esprit», a-t-elle ajouté.

Mme Harris sait désormais qu'elle souffre de stress post-traumatique en raison des multiples situations dérangeantes auxquelles elle a fait face comme ambulancière durant sa carrière, notamment celle d'une chambre de motel pleine de sang où un homme avait tranché la gorge à deux femmes et avait tenté de s'enlever la vie.

Le mois prochain, Mme Harris prendra place parmi un groupe de premiers répondants et de familles à la Chambre des communes pour appeler à une stratégie nationale visant à aider les ambulanciers, les pompiers, les policiers et les anciens combattants qui vivent une situation de crise.

Le député de la circonscription de Cariboo-Prince George, en Colombie-Britannique, le conservateur Todd Doherty, a présenté un projet de loi d'initiative parlementaire qui créerait un encadrement pour surveiller l'évolution des troubles de stress post-traumatique et établir des lignes directrices pour le diagnostic, le traitement et la gestion des cas, et constituerait du matériel éducatif pour les fournisseurs de soins de santé publique. Le projet de loi doit être examiné en deuxième lecture le 9 février.

M. Doherty a dit s'être entretenu avec des centaines de vétérans et de premiers répondants avec des récits déchirants, de même qu'avec des familles ayant vécu le suicide d'un proche.

«Je crains que si nous n'agissons pas, à tous les niveaux, nous allons assister à d'autres (vies perdues)», a fait valoir le député.

Scott Bardsley, porte-parole du ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale, a affirmé que le gouvernement travaillait à un plan pour s'attaquer aux troubles de stress post-traumatique. Il a consulté les provinces, les territoires, les responsables de la sécurité publique et des travailleurs en santé, a dit le porte-parole.

Les consultations ont souligné le besoin de prévention et d'intervention précoce, de davantage de recherches et de conscientisation, de réduction des préjugés, et d'un soutien accru aux diagnostics, aux soins et aux traitements, a-t-il affirmé.

«Nous avons promis aux Canadiens un nouveau leadership fédéral sur les blessures de stress post-traumatique», a-t-il dit par communiqué, ajoutant que le gouvernement allait répondre formellement au projet de loi de M. Doherty lors de l'examen en deuxième lecture.




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