Conflit des pharmaciens: les universités craignent de perdre leurs stages

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Chaque année, les pharmaciens du Québec contribuent à environ 350 000 heures d'encadrement auprès des stagiaires en pharmacie. Le tout, sans rémunération.

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Le conflit qui perdure entre Québec et les pharmaciens communautaires fait craindre aux deux facultés de pharmacie de la province une diminution drastique des stages en pharmacie et le retard de diplomation de plusieurs étudiants.

«La population ne pourra que subir les contrecoups d'une arrivée tardive de diplômés sur le marché du travail dans les pharmacies communautaires», écrivent les facultés de pharmacie de l'Université de Montréal et de Laval dans un communiqué publié ce matin.

Chaque année, les pharmaciens du Québec contribuent à environ 350 000 heures d'encadrement auprès des stagiaires en pharmacie. Le tout, sans rémunération. «La proportion des apprentissages faits en milieu professionnel s'établit à 25% du programme d'étude des futurs pharmaciens du Québec», est-il écrit dans le communiqué.

Selon les facultés de pharmacie, le «climat tendu» qui subsiste depuis deux ans entre Québec et les pharmaciens «trouve son origine dans l'adoption de divers projets de loi à l'Assemblée nationale». «Cette négociation ardue avec le gouvernement au sujet de la rémunération des pharmaciens met en péril la formation de la relève en pharmacie», peut-on lire.

Un milieu bouleversé

En juin 2015, les pharmaciens de la province ont consenti à subir 400 millions $ de ponction d'honoraire alors que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'était engagé à lever le plafond de leurs allocations professionnelles, aussi appelées ristournes.

Mais en avril 2016, le ministre Barrette a fait volte-face et déposé un règlement qui a prévu la levée partielle et progressive du plafond des allocations.

Puis est arrivé le projet de loi 81 qui permet au gouvernement de lancer des appels d'offres pour l'achat de médicaments pour obtenir le meilleur prix. Les pharmaciens estiment que ce changement aura des répercussions majeures sur leurs allocations professionnelles, qui diminueront d'autant.

Finalement, en novembre, le ministre Barrette a déposé des amendements au projet de loi 92 qui prévoient que les pharmaciens devront ventiler leurs factures afin de permettre aux patients de magasiner leur pharmacie.

Tous ces changements ont eu des répercussions sur les pharmaciens qui sont de plus en plus nombreux à «prendre la décision de suspendre leurs activités de supervision des stagiaires en pharmacie», écrivent les facultés, qui craignent que ce mouvement ne prenne de l'ampleur.

Les facultés pressent Québec et les pharmaciens de «trouver rapidement un terrain d'entente» et à «développer une vision contemporaine et pragmatique à propos du rôle des pharmaciens et pharmaciennes du Québec».




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