CHSLD: Barrette s'engage à hausser la qualité des repas d'ici 2018

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Plus d'une centaine de personnes ont répondu à l'appel de Gaétan Barrette de déguster des plats servis en CHSLD, dont 32 députés libéraux, incluant les ministres David Heurtel et Francine Charbonneau.

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

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La Presse Canadienne

Si tout se passe bien, tous les résidants des CHSLD à travers le Québec auront droit à des repas chauds, nutritifs et appétissants, d'ici l'automne 2018, soit juste à temps pour la prochaine campagne électorale.

C'est du moins l'engagement pris mercredi par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui se dit déterminé à hausser la qualité des repas servis aux personnes âgées, souvent en perte d'autonomie sévère, et aux personnes handicapées résidant dans un Centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD).

«Je vais suivre ça à la trace», a-t-il promis, en point de presse, s'engageant du même coup à demander des comptes périodiquement au réseau des CHSLD.

«Le réseau a affaire à suivre», a-t-il ajouté.

Il se dit tout aussi déterminé à changer la perception répandue, selon laquelle ces personnes n'ont droit qu'à du «manger mou» incolore, tiède et sans saveur.

C'est dans ce but qu'il avait organisé mercredi une activité tout aussi controversée qu'inusitée, en invitant les élus de tous les partis de l'Assemblée nationale et les membres des médias à partager un repas type de CHSLD conforme aux nouvelles normes qu'il cherche à implanter dans le réseau.

«Je prends l'engagement de tout faire pour que ce soit le cas», c'est-à-dire que tous les CHSLD servent des repas de qualité d'ici l'automne 2018. Il a dit souhaiter que son projet ne soit pas mis en péril «par de l'obstruction syndicale».

«Je vais mettre effort et argent», a-t-il aussi promis, tout en rappelant que le Québec «n'est pas une banque sans fond». Aucun réinvestissement n'a donc accompagné son engagement.

Plus d'une centaine de personnes ont répondu à l'invitation du ministre Barrette, dont 32 députés libéraux, incluant les ministres David Heurtel et Francine Charbonneau. Mais les députés des partis d'opposition, jugeant que le ministre s'adonnait à de la politique-spectacle, ont boycotté l'événement.

L'opposition péquiste s'est présentée sur place, mais est demeurée en retrait, refusant de participer aux agapes.

«On est venu pour dénoncer, et non pas pour soutenir, une activité qui, clairement, a des buts médiatiques, a des buts d'exhibition, de spectacle», a commenté la députée péquiste Diane Lamarre, entourée de trois de ses collègues, dans le corridor du Centre des congrès ou se tenait l'événement.

«Le ministre soigne plus son image que les gens qui habitent dans les CHSLD», selon elle.

L'événement a été perturbé pendant quelques minutes par un petit groupe de travailleurs syndiqués avec la CSN, venus dénoncer la piètre qualité de la nourriture servie en CHSLD.

Les convives avaient le choix entre trois plats principaux: coq au vin, lasagne ou longe de saumon. Chaque plat était décliné en deux versions: des aliments solides et d'autres en purée, destinés aux personnes risquant de s'étouffer.

M. Barrette vise à offrir au total 72 menus différents, afin d'assurer une grande diversité à la clientèle. L'annonce de mercredi résulte d'un projet impliquant divers professionnels du réseau de la santé de Québec, dont des nutritionnistes chargés d'élaborer des menus nutritifs, riches en protéines et adaptés à la clientèle.

À Montréal, les choses se compliqueront pour tenir compte des particularités culinaires ou religieuses associées aux résidants issus des communautés culturelles, a convenu le ministre, conscient qu'«on aura des ajustements à faire». On devra songer par exemple à offrir des repas casher ou halal, version solide ou molle.

En 2015, le coût moyen d'un repas servi en CHSLD était évalué à environ 2 $. Mardi, le ministre Barrette avait dit que les nouvelles façons de faire qu'il cherchait à implanter ne coûteraient «pas plus cher» à l'État.

Mercredi, il a convenu que le repas servi aux convives présents coûtait quand même un peu plus cher, soit «environ 20 sous» de plus l'assiette.

Le ministre a dit que l'organisation de l'événement n'a coûté au total que 4000 $.

Le repas avait été préparé dans les cuisines d'un service alimentaire desservant certains CHSLD de la capitale et de Chaudière-Appalaches.

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