Nouveaux patients: les deux tiers des médecins en dessous des attentes

85 % des Québécois devront avoir accès à un... (Marco Campanozzi, archives La Presse)

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85 % des Québécois devront avoir accès à un médecin de famille d'ici le 31 décembre 2017, à défaut de quoi le projet de loi 20 pourrait s'appliquer aux omnipraticiens.

Marco Campanozzi, archives La Presse

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(Québec) Les deux tiers des médecins de famille ratent la cible fixée à ce stade-ci dans l'inscription de nouveaux patients. Ces « Gaulois de la pratique médicale » devront se soumettre dans les plus brefs délais, à défaut de quoi ils seront sanctionnés, prévient le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette.

Il a présenté mardi une mise à jour des résultats de l'entente qu'il a conclue en juin 2015 avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Ces derniers se sont engagés à inscrire 85 % de la population d'ici le 31 décembre 2017. Si cette cible n'est pas atteinte, la loi 20 sera mise en application. Les médecins de famille qui ne respecteraient pas l'entente verraient alors leur rémunération être amputée jusqu'à 30 %.

Depuis juin 2015, 420 585 nouveaux patients ont un médecin de famille, pour un total de 5 745 745 en date du 23 septembre 2016, donc à mi-parcours de l'échéancier prévu à l'entente. Le taux d'inscription atteint 72,7 %, comparativement à 69,4 % en juin 2015. Or, la cible prévue pour septembre 2016 s'élève à 74 %.

La tendance est inquiétante, selon M. Barrette. « Nous sommes à un moment critique », a-t-il soutenu en conférence de presse. « Il faut accélérer le rythme » en vue d'atteindre l'objectif de 85 % en décembre 2017. Selon lui, « le retard est tout à fait récupérable ». Les médecins doivent recruter des patients à un rythme d'un à deux par jour, a-t-il dit.

Jusqu'ici, le tiers des médecins ont modifié leur pratique pour se conformer à la loi. « Il y en a d'autres, les Gaulois de la pratique médicale qui refusent de prendre le virage. Il va falloir qu'ils le fassent, parce que la loi 20 est faite pour ça », a affirmé le ministre. Il a toutefois reconnu que parmi les deux tiers des médecins qui performent en dessous des attentes, quelques-uns sont tout près de la cible.

Le ministre a soutenu que la FMOQ a la responsabilité de faire respecter les termes de l'entente par ses membres, quitte à recourir à des sanctions financières éventuellement. « Ils ont l'autorité morale pour persuader leurs membres de prendre la bonne décision. Par contre, la FMOQ s'est engagée, si c'était nécessaire, à intervenir auprès de ses membres et même en prenant certaines mesures tarifaires (...). Je ne pense pas qu'on soit rendu là, je pense qu'on est encore à l'étape de la persuasion. Car le retard qu'on voit aujourd'hui est récupérable. Mais vous conviendrez avec moi, chiffres à l'appui, que ce n'est pas dans six mois qu'il faut intervenir de la part de la FMOQ, c'est maintenant. »

D'ici le 31 décembre 2017, il reste près de 970 000 patients à recruter de la part des médecins pour atteindre la cible de 85 %. Le nouveau guichet unique d'accès à un médecin de famille mis en place par M. Barrette compte 492 000 personnes en attente - un peu plus de 92 000 patients ont trouvé preneur depuis sa création.

Les nouvelles sont meilleures au chapitre du taux d'assiduité. Il est maintenant de 78,7 %. La cible est de 80 % pour décembre 2017 et sera atteinte « si la tendance se maintient », a dit M. Barrette. Ce taux correspond à la part des visites médicales faites par les patients auprès de leur médecin de famille. Il vise à vérifier l'accessibilité des omnipraticiens auprès des patients qu'ils ont inscrits.

Or, Québec avait de toute évidence surestimé ce problème lors des négociations avec la FMOQ l'an dernier. Il prévoyait que le taux d'assiduité ne s'élèverait qu'à 68 % en juin 2015, au début de l'entrée en vigueur de l'entente. Or, après vérifications, il atteignait dans les faits 77 %, selon les données du ministère. Les médecins de famille étaient donc tout près de la cible fixée par Québec dès le départ.

Néanmoins, plus un médecin prend en charge un nombre important de patients, plus il lui est difficile d'afficher un taux d'assiduité élevé. Il faudra donc voir si la tendance actuelle sera maintenue à plus long terme.

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