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Le système de santé a besoin d'être modernisé, pas inondé d'argent, selon l'AMC

Ce n'est pas d'un afflux d'argent que le système de santé a besoin au pays,... (Archives La Presse)

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Ce n'est pas d'un afflux d'argent que le système de santé a besoin au pays, mais plutôt d'un retour à la planche à dessin.

À l'heure où Québec déchire sa chemise devant la baisse de l'accroissement des transferts en santé, le nouveau président désigné de l'Association médicale canadienne (AMC), Laurent Marcoux, compare le système canadien à une vieille maison qui n'a pas été rénovée depuis 50 ans.

Il peut coûter plus cher de rafistoler une vieille baraque que d'en construire une toute nouvelle. Selon M. Marcoux, il en est de même pour le système de santé. Il enjoint ainsi les politiciens, tous paliers de gouvernement confondus, à le moderniser au plus vite.

«C'est comme quelque chose de désuet dans lequel on investit toujours», a-t-il illustré en entrevue à La Presse canadienne.

«On en est là, avec une organisation de santé qui est désuète, qui ne répond plus, avec des besoins nouveaux, et on veut "patcher", a-t-il poursuivi. Et "patcher", des fois, ça coûte plus cher que de refaire les choses comme il faut.»

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a confirmé cette semaine que les hausses de transferts en santé passeront de 6 à 3% cette année. Cela a fait sortir de ses gonds son homologue québécois Gaétan Barrette, qui répète que ce sera le patient qui écopera de cette baisse de financement.

M. Marcoux adopte une approche différente. «C'est sûr que c'est beaucoup d'argent de moins, admet-il. Mais on peut faire les choses autrement, et peut-être que c'est suffisant.»

Une entente conclue entre Ottawa et les provinces en 2004 prévoyait des hausses automatiques annuelles des transferts en santé de 6 %. L'ancien gouvernement de Stephen Harper avait décidé unilatéralement de les baisser à partir de 2017, et de les arrimer à l'augmentation annuelle du PIB, avec un minimum garanti de 3 %.

En campagne électorale l'an dernier, Justin Trudeau s'était engagé à «renégocier» un nouvel Accord sur la santé. La décision des libéraux de s'en tenir à une hausse de 3 % est perçue comme une promesse brisée par Québec, mais aussi par les néo-démocrates et les bloquistes aux Communes.

S'il ne croit pas qu'Ottawa devrait automatiquement transférer beaucoup plus d'argent aux provinces, Laurent Marcoux estime néanmoins que le fédéral devrait injecter des sommes en infrastructures de santé.

«Ça fait partie d'un service de base à la société. Ça a besoin d'être rafraîchi, et les provinces sont peut-être un peu essoufflées. Il y a peut-être de l'aide fédérale à verser de ce côté-là, comme ils aident pour les routes, les ponts, etc.», a-t-il fait valoir.

Le travail pour remettre le système de santé sur les rails paraît énorme. M. Marcoux estime qu'il faut d'abord trouver une façon qui permettra aux personnes âgées d'obtenir des soins à domicile plus efficaces. Les dossiers des patients devraient être centralisés pour éviter les doublons et s'assurer d'avoir toutes les informations pertinentes pour les traitements. Il faut également miser sur la prévention, et les médecins devraient adopter une attitude plus proactive dans leur communauté à cet égard.

«On se demande pourquoi ça coûte si cher et avec si peu de résultats. Eh bien, refaisons nos devoirs», a-t-il plaidé.

Dans un autre dossier, le président de l'AMC ne croit pas que Mme Philpott devrait exiger de Québec qu'il rembourse ce qui a été perçu en trop en frais accessoires aux patients comme elle entend le faire. Demander le remboursement de ces sommes reviendrait à pénaliser deux fois les patients québécois, à ses yeux.

«Le patient n'est pas responsable de ça. Il a subi ça, et ayant subi ça, il ne devrait pas subir une autre pénalité là-dessus. Parce que c'est lui qui va en faire les frais», a-t-il insisté.

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