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Coûts des médicaments et des services pharmaceutiques: une hausse de 22% en dix ans

Depuis 2007, les coûts totaux liés aux dépenses... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Depuis 2007, les coûts totaux liés aux dépenses de médicaments du ministère de la Santé n'ont augmenté en moyenne que de 2,8 % par année, alors que l'ensemble des coûts de programmes a augmenté de 5,2 %.

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Les dépenses faites par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) pour des médicaments et des services pharmaceutiques ont augmenté en moyenne de 2,8 % par année depuis 2007-2008. Pendant la même période, les dépenses pour rémunérer les médecins ont augmenté de 8,5 % en moyenne. Dans un « Livre blanc sur la pharmacie communautaire » diffusé hier par l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), l'économiste Yanick Labrie conclut que les différentes mesures adoptées par le gouvernement pour limiter les dépenses pharmaceutiques ont certes eu des « effets modestes », mais, surtout, plusieurs « effets pervers ».

LES EFFETS PERVERS

Depuis 2007, le gouvernement a adopté une série de mesures pour limiter ses dépenses en médicaments et en services pharmaceutiques, comme un plafonnement des allocations professionnelles des pharmaciens et une hausse limitée de leurs honoraires. Ces politiques publiques ont dégagé des économies « au mieux modestes » qui ont surtout entraîné « des effets pervers », a constaté M. Labrie en consultant plus de 60 acteurs du milieu pharmaceutique. Notamment, le plafonnement des allocations a « libéré des sommes » qui ont été « accaparées par les intermédiaires [grossistes, distributeurs, chaînes, enseignes] » qui ont créé des « programmes de conformité ». Ces programmes encouragent les pharmaciens à opter pour la marque de médicaments génériques privilégiée par leur enseigne ou leur grossiste. Une pratique commerciale qui a pour effet de « miner l'indépendance professionnelle des pharmaciens ».

UNE HAUSSE « MINIME »

M. Labrie a été surpris de constater que les médicaments et les services pharmaceutiques « ne représentent qu'une très petite partie du budget en santé ». Depuis 2007, les coûts totaux liés aux dépenses de médicaments n'ont augmenté en moyenne que de 2,8 % par année, alors que l'ensemble des coûts de programmes en santé a augmenté de 5,2 %. M. Labrie note que bien que les dépenses pharmaceutiques aient connu une « croissance très faible », il y a eu de « multiples mesures gouvernementales pour en freiner l'augmentation ».

Répartition des dépenses en santé du gouvernement du Québec par catégorie de dépenses (2015-2016)

  • Hôpitaux : 38 %
  • Médecins : 24 %
  • Autres établissements de santé : 15 %
  • Autres : 10 %
  • Médicaments : 8 %
  • Immobilisations : 6 %

Croissance annuelle moyenne des dépenses en santé de 2005 à 2016

  • Médicaments prescrits : 2,8 %
  • PIB nominal : 3,2 %
  • Hôpitaux : 3,8 %
  • Dépenses publiques totales : 4,6 %
  • Médecins : 7,9 %

« ON NE FRAPPE PAS SUR LE BON CLOU »

La semaine dernière, l'Association professionnelle des pharmaciens salariés du Québec soulignait qu'alors que les dépenses en médicaments et en services pharmaceutiques n'ont augmenté que de 4 millions de dollars durant la dernière année, la rémunération des médecins a crû de 600 millions.

« Le ministre de la Santé a décidé que les pharmaciens étaient trop payés et que pour eux "la fête est finie". » - Christophe Augé, président de l'Association professionnelle des pharmaciens salariés du Québec

Évolution des coûts de programmes de la RAMQ (en millions de dollars)

  • Services médicaux -- 2007-2008: 3811 | 2015-2016: 7323 | Hausse: 92 %
  • Médicaments et services pharmaceutiques -- 2007-2008: 2865 | 2015-2016: 3407 | Hausse: 22 %

COMMENT SONT PAYÉS LES PHARMACIENS ?

Le « Livre blanc » de M. Labrie décortique le système de rémunération complexe des pharmaciens au Québec. La plus grande part de leurs revenus provient d'honoraires reçus de la RAMQ, dans le cas des patients assurés par le régime public, et des assureurs privés pour les autres patients. Selon le directeur général de l'AQPP, Jean Bourcier, environ 60 % des honoraires des pharmaciens proviennent de la RAMQ et 40 %, des assureurs privés. 

DES COUPES CONSTANTES

Les honoraires versés par les assureurs privés sont déterminés par les règles du libre marché. Les honoraires de la RAMQ, eux, sont fixés par le gouvernement. Selon M. Labrie, les assurés du privé paient leurs médicaments en moyenne 17 % plus cher que les assurés du public. Depuis 2002, les honoraires de la RAMQ « ont progressé à un taux inférieur à celui de l'inflation ». 

ET LES RISTOURNES ?

Les allocations professionnelles, aussi appelées ristournes, sont des sommes versées aux pharmaciens par les fabricants de médicaments génériques sous forme de rabais-volume. Ces sommes représentent environ 25 % du bénéfice net des pharmaciens.

Depuis 2009, le gouvernement fixe le plafond de ces ristournes à 15 %. Les allocations professionnelles doivent être réinvesties par les pharmaciens dans leur pharmacie. Les ristournes sont au coeur du litige qui oppose actuellement Québec à ses pharmaciens. 

LES PHARMACIENS VEULENT VACCINER

Dans son rapport, M. Labrie souligne que « plusieurs acteurs s'entendent pour dire que les pharmaciens sont sous-utilisés dans le réseau de la santé » et qu'ils aimeraient être rémunérés pour les services rendus plutôt que sur la vente de médicaments. Les pharmaciens voudraient notamment, à l'instar de leurs collègues de sept provinces, obtenir le droit de vacciner et être plus actifs dans le suivi de malades chroniques. 

Le cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n'a pas voulu commenter, compte tenu des procédures d'arbitrage en cours.

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