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Barrette «touché» par un patient en CHSLD qui veut trois douches par semaine

Gaétan Barrette... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Gaétan Barrette

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le ministre Gaétan Barrette se dit touché par la situation «extrêmement triste» d'un homme réduit à entreprendre une campagne de sociofinancement pour se faire laver dans un CHSLD, mais rappelle que le bain n'est pas une «panacée».

Les partis de l'opposition n'ont toutefois pas cru à la compassion du ministre et ont rappelé que les problèmes d'hygiène dans les Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) perdurent.

Atteint de sclérose en plaques, François Marcotte veut recueillir 5200 $ pour se payer deux douches supplémentaires par semaine dans son centre d'hébergement de Québec, qui lui en offre seulement une chaque semaine. Le montant servira à payer un aidant à 100 $ par semaine pendant un an parce que la mère de M. Marcotte, âgée de 73 ans, ne peut plus l'assister.

L'homme de 43 ans a dit au quotidien Le Devoir que le CHSLD refuse de lui laver le dos, mais il a fait l'éloge du personnel soignant de l'établissement.

«J'ai été triplement étonné et déçu de lire ce que j'ai lu, a déclaré le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, jeudi matin, avant d'entrer à la séance du caucus libéral à l'Assemblée nationale. C'est extrêmement triste, c'est même touchant.»

Le ministre a fait savoir qu'il avait demandé aux autorités du centre de santé de la région une mise au point et de s'adapter aux besoins du bénéficiaire. Il a soutenu que le système est capable de s'adapter à ce genre de situation et qu'il n'y a aucune justification pour ne pas laver le dos du bénéficiaire.

«Quand je lis ce matin qu'on ne lave pas le dos du patient, il n'y a aucune justification, dans les soins d'hygiène, qui peut être invoquée pour dire: »Je ne peux pas laver le dos du patient«, surtout pas quand ça prend une heure.»

Du même souffle, M. Barrette a répété à maintes reprises que le problème à la base «n'est pas l'importance du bain» et que des soins d'hygiène peuvent être donnés au lit. C'est ce que des experts qu'il a consultés lui ont dit au cours des dernières semaines, a-t-il expliqué, en précisant qu'il n'y a pas de normes actuellement sur les bains dans les CHSLD.

«Les soins d'hygiène corporelle peuvent être donnés de façon totalement optimale sans bain. Le bain n'est pas la panacée. Donner un bain au lit, ça se fait. (...) On déifie le bain. Les experts nous disent que les soins d'hygiène peuvent être donnés sans restriction sans bain. Le bain est élevé au summum alors que ce n'est pas le cas.»

Il faut que l'hygiène soit adaptée à la personne, a-t-il poursuivi, en assurant que les soins d'hygiène étaient «donnés correctement partout dans le réseau», même s'il est possible que l'organisation soit «sous-optimale» et que le réseau soit «imparfait».

Les partis de l'opposition n'ont pas manqué tous en choeur de critiquer le ministre. De l'avis du porte-parole du Parti québécois en matière de services sociaux, Jean-François Lisée, cela illustre le «déficit de compassion» du gouvernement libéral. Il a demandé si le ministre sait que la majorité de la population prend un bain tous les jours et pourquoi cela est refusé aux bénéficiaires dans les CHSLD.

«Le ministre nous dit qu'il a consulté des experts; en fait, les experts que le ministre consulte, ce sont les experts du Conseil du trésor qui disent qu'il n'a pas les moyens de donner les douches, a lancé M. Lisée au cours de la période de questions. Alors, je vais lui dire, là, la prime Bolduc (les primes versées aux médecins pour la prise en charge de patients), 23 millions de dollars pour rien qu'il donne aux médecins, ça donnerait 250 000 douches de plus par année dans les CHSLD.»

Le député caquiste de Lévis, François Paradis, a pour sa part rappelé qu'il y a un an, la polémique des bains au noir avait ressurgi: des résidants de CHSLD payaient des suppléments en argent comptant à des préposés aux bénéficiaires pour obtenir des soins d'hygiène.

«Je n'ai pas été rassuré par les propos du ministre, a dit le porte-parole en santé de la CAQ en conférence de presse. Le ministre dit: on a un comité d'experts qui a évalué que ça ne passait pas vraiment par ça. Ben voyons donc! (...) La vraie réalité, c'est qu'on n'a rien fait depuis un an. Le ministre doit agir, arrêter d'attendre d'avoir des cas comme ceux-ci et faire semblant soudainement qu'il est ému et touché, pour qu'au bout du compte les experts en décident autrement.»

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, n'était pas en reste. Les patients mériteraient qu'on les traite avec plus de dignité, a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse. Le gouvernement libéral fait du sevrage délibéré des services pour que les citoyens soient contraints de puiser dans leurs poches, en vue de privatiser à terme les services de santé et donner des congés fiscaux à «ses amis, aux banquiers, aux pétrolières», a plaidé le député de Mercier.

«Je trouve que c'est un mensonge très malhabile de la part de M. Barrette de dire qu'il est touché, a conclu M. Khadir. Je ne le crois pas là-dessus. Parce que, s'il était touché, ça fait longtemps qu'on sait que l'austérité va entraîner cette conséquence.»

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