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Aide à mourir: le ministre Barrette invite les médecins à être prudents

Le projet de loi sur l'aide médicale à mourir expose les médecins à un «risque»... (PHOTO MATHIEU WADDELL, ARCHIVES LA PRESSE)

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PHOTO MATHIEU WADDELL, ARCHIVES LA PRESSE

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le projet de loi sur l'aide médicale à mourir expose les médecins à un «risque» que le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, les enjoint à ne pas prendre.

D'après l'analyse qu'en fait le ministre, la mesure législative concoctée par le gouvernement libéral, dans sa mouture actuelle, comporte des critères flous - en particulier, celui de la mort naturelle raisonnablement prévisible.

«Je n'invite aucun médecin à embarquer là-dedans, a-t-il tranché en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne. Raisonnablement prévisible, c'est une notion qui n'existe pas. C'est une notion qui, pour moi, n'a pas de sens médical.»

M. Barrette conseille ainsi aux médecins d'opter pour la prudence et d'évaluer leurs gestes «en fonction des paramètres de la loi québécoise», parce que «c'est la meilleure façon d'éviter des problèmes de nature juridique».

Car «n'importe quelle situation où le contexte et les constats faits par un médecin ne sont pas clairs, ça le met à risque», a-t-il insisté.

«Alors moi, je dis aux médecins du Québec: laissez-donc faire ça, regardez ça sous notre angle à nous, parce que c'est le même registre, c'est le même terrain d'application qui est la fin de vie. Nous, c'est clair. Eux autres, c'est pas clair», a constaté le ministre.

Par extension, Gaétan Barrette recommande aux infirmières praticiennes spécialisées - qui pourraient prodiguer l'aide médicale à mourir en vertu du projet de loi C-14, mais pas selon les dispositions de la loi québécoise - d'éviter de s'aventurer sur ce terrain.

Au Parlement d'Ottawa, le ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, n'a pas réagi directement à ces mises en garde en provenance de l'Assemblée nationale. Elle a soutenu que le langage du projet de de loi avait été soigneusement choisi, justement pour les médecins.

«Nous avons délibérément injecté une flexibilité afin de permettre aux professionnels de la santé, qui ont une relation directe avec leurs patients (...) d'avoir des discussions et de voir ce que la mort raisonnablement prévisible signifie», a-t-elle argué.

Les préoccupations formulées par le ministre Barrette s'ajoutent à celles émises la veille par le Collège des médecins du Québec - le secrétaire de l'organisation, le docteur Yves Robert, a carrément accusé les législateurs fédéraux de se «contreficher» des médecins.

Querelles partisanes autour du débat

Pendant ce temps, au Parlement le torchon brûle entre le gouvernement et les partis d'opposition, qui ont refusé vendredi d'appuyer une motion visant à permettre au débat sur C-14 en Chambre d'être prolongé jusqu'aux petites heures du matin, mardi et mercredi prochain.

L'opposition a voté contre la motion pour des raisons distinctes.

Du côté conservateur, le député Gérard Deltell a plaidé que le gouvernement ne s'était pas formellement engagé à donner la parole à tous les députés qui souhaitent le faire. Il a soutenu qu'en l'absence d'une telle promesse, il ne pouvait appuyer la motion.

Chez les néo-démocrates, le leader parlementaire Peter Julian n'a pas apprécié la tactique procédurale employée par le gouvernement pour déposer la motion - le règlement invoqué pour déposer la motion vise à forcer la main de l'opposition, a-t-il argué.

Le député britanno-colombien n'aimait pas non plus l'idée que les électeurs de l'Ouest ne pourraient possiblement écouter leur député s'exprimer en Chambre en raison du décalage horaire.

Les libéraux avaient suscité le mécontentement des partis d'opposition la semaine dernière en coupant court aux débats lors de la deuxième lecture de C-14 à la Chambre des communes.

Le gouvernement fédéral tient absolument à faire avaliser son projet de loi d'ici la date butoir du 6 juin fixée par la Cour suprême. La majorité dont disposent les libéraux en Chambre laisse présager son adoption, mais les choses pourraient se compliquer au Sénat.

La mesure législative a été élaborée en réponse à la décision unanime du plus haut tribunal au pays dans l'arrêt Carter c. Canada, qui invalide les articles du Code criminel interdisant à un médecin d'aider à mourir un patient dont les souffrances persistantes sont intolérables.

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