Nouvel appel pour l'interdiction de tous les produits à base d'amiante

Des syndicats et des proches de victimes d'amiantose ont soutenu vendredi qu'il... (Archives, La Tribune)

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Bruce Cheadle
La Presse Canadienne
Ottawa

Des syndicats et des proches de victimes d'amiantose ont soutenu vendredi qu'il est grand temps d'interdire tous les produits de l'amiante au Canada, qualifiés de «pires tueurs en milieu de travail».

Selon des études financées par la Société canadienne du cancer, plus de 2000 Canadiens meurent chaque année d'une exposition à l'amiante. En 2014, on a diagnostiqué 580 nouveaux cas de mésothéliome, une tumeur maligne rare et incurable, qui s'attaque souvent à la plèvre.

La mine Jeffrey, dernière mine d'amiante au Canada, située à Asbestos, au Québec, a fermé il y a cinq ans, mais le pays continue à importer des produits d'amiante, dont des patins de frein automobile et des tuyaux utilisés dans le bâtiment. Ces importations ont pratiquement doublé de 2011 à 2015 - depuis la fermeture de toutes les mines au Canada.

Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada, a indiqué vendredi, en conférence de presse à Ottawa, que le syndicat national a amorcé des discussions avec le gouvernement libéral pour qu'il adopte rapidement une loi qui interdirait toute importation et utilisation de produits contenant de l'amiante. Selon M. Yussuff, il existe pour tous ces produits des solutions de remplacement - parfois même fabriqués au Canada, comme les patins de frein en céramique.

Selon lui, il n'y a maintenant aucune raison de tarder dans ce dossier, et il presse le gouvernement à présenter son plan au Parlement avant qu'il n'interrompe ses travaux pour le congé d'été.

M. Yussuff, qui a été mécanicien pendant 22 ans et a été exposé à l'amiante dans les patins de frein, était accompagné vendredi en conférence de presse par des proches de victimes de l'amiante, qui ont témoigné de leur drame.

Ainsi, Michelle Côté a raconté que son père «Clem», âgé de 71 ans, diagnostiqué d'un mésothéliome en 2011, est toujours en vie mais est maintenant condamné. «Papa sait que nous ne pouvons plus rien pour ces hommes et ces femmes qui ont déjà été exposés à l'amiante. Par contre, nous pouvons agir pour que les générations futures ne soient plus condamnées à cette même peine de mort.»

Renée Guay, qui a perdu son père d'un mésothéliome «atroce» en 2011 et dont l'oncle en est maintenant atteint, a raconté que dans le cadre de son travail, elle voit encore des ouvriers qui ne prennent pas de douche après avoir coupé des tuyaux en amiante, et qui ramènent peut-être ainsi des fibres mortelles à leur famille à la maison. «Pourquoi on laisse ce tueur en série circuler en toute liberté?»

Le docteur Paul Demers, directeur de la recherche sur les cancers attribuables au travail à Cancer Ontario, estime que pour chaque cas diagnostiqué de mésothéliome, on peut compter quatre cas de cancer du poumon liés à l'amiante mais plus difficilement identifiables, car ces cancers mettent des années à se développer.

L'amiante a été reconnu comme un carcinogène attribuable au travail dès les années 1950 et est banni de plusieurs pays scandinaves depuis une trentaine d'années, mais l'utilisation de produits à base d'amiante est toujours permise au Canada.

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