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Exposition au cellulaire: l'incertitude autour des effets à long terme demeure

« Aucun effet néfaste sur la santé à court... (Photo Richard Perry, Archives The New York Times)

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« Aucun effet néfaste sur la santé à court ou à long terme n'a été démontré pour des expositions aux radiofréquences respectant les limites établies », indique l'étude de l'Institut national de santé publique du Québec.

Photo Richard Perry, Archives The New York Times

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Une nouvelle étude de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) rapporte qu'une « certaine incertitude scientifique persiste à propos des effets potentiels d'une exposition à long terme au téléphone cellulaire ». Faut-il pour autant s'en s'inquiéter ? Entrevue avec Mathieu Gauthier, l'un des auteurs de l'étude.

Sources de radiofréquences

Dans son analyse publiée hier matin, l'INSQ a analysé divers articles scientifiques et avis d'expertise publiés dans le passé sur l'exposition aux champs électromagnétiques et aux radiofréquences. Le rapport souligne que les sources de radiofréquences sont de plus en plus répandues dans le monde. Parmi les principales sources de radiofréquences, on compte les téléphones cellulaires, les téléphones sans fil maison, les fours à micro-ondes, les routeurs (WiFi), les compteurs électriques intelligents et les antennes.

Limites établies

Différents organismes réglementaires fixent un niveau acceptable d'exposition aux radiofréquences. Jusqu'à maintenant, « aucun effet néfaste sur la santé à court ou à long terme n'a été démontré pour des expositions aux radiofréquences respectant les limites établies ».

Niveaux d'exposition inégaux

Les sources d'exposition environnementales aux radiofréquences comme les fours à micro-ondes, les routeurs ou les compteurs électriques intelligents génèrent des niveaux d'exposition beaucoup plus faibles que ceux des téléphones cellulaires, souligne l'étude. Conseiller scientifique à l'INSPQ et coauteur de l'étude, Mathieu Gauthier ajoute qu'un cellulaire allumé et simplement déposé sur une table émet très peu de radiofréquences. « C'est quand on parle qu'il y a le plus d'émissions », dit-il. Par exemple, une conversation de deux minutes génère plus d'émissions qu'un cellulaire laissé allumé sur une table de chevet toute la nuit. Les conditions de réception cellulaire jouent également beaucoup sur la quantité d'émissions enregistrées.

Contradictions 

L'étude de l'INSPQ indique qu'il existe une « certaine incertitude scientifique à propos d'une exposition à long terme au téléphone cellulaire ». M. Gauthier assure qu'il n'a pas lieu de s'inquiéter de la situation. « C'est plutôt un appel à une vigilance scientifique. Il y a actuellement une contradiction entre certaines études et il faut continuer de chercher », dit-il. Une étude a par exemple noté une hausse d'un certain type de cancer de la tête chez une partie des très grands utilisateurs de cellulaires. « Mais certains de ces grands utilisateurs rapportaient utiliser le téléphone 10 heures par jour, tous les jours, pendant 10 ans. On peut se demander s'il ne s'agit pas d'une faille », note M. Gauthier. Selon l'étude de l'INSPQ, la plupart des organismes de santé reconnus « sont d'avis que les preuves d'une relation entre le cancer et les radiofréquences sont soit négatives, soit insuffisantes ou loin d'être concluantes ».

Recherches en cours

Sur le plan international, différentes études sont en cours pour déterminer les effets à long terme de l'exposition à la téléphonie cellulaire. La plus grande des études suit plus de 100 000 personnes dans le monde pendant 10 ans.

Hypersensibilité environnementale: un lien non prouvé

Dans son analyse, l'INSPQ rappelle que de nombreuses personnes dans le monde ressentent des symptômes « qu'elles attribuent à l'exposition aux champs électromagnétiques ». « La réalité des symptômes n'est pas mise en doute [...] Toutefois, des études de bonne qualité ont été menées et n'ont pas démontré une association entre l'exposition aux radiofréquences en dessous des limites établies et l'apparition de symptômes ». « Dans ces études, les gens ressentaient leurs symptômes même en l'absence de radiofréquences. Ce n'est donc pas ça qui serait en cause. Mais autre chose, puisque les symptômes sont réels », explique M. Gauthier.

De 2 à 15
%
Pourcentage de la population qui souffre d'hypersensibilité environnementale

Critiques

Vice-président de l'Association pour la santé environnementale du Québec, Michel Gaudet remet en doute la crédibilité de l'étude de l'INSPQ. « Les dernières études analysées datent de 2013. Or, depuis ce temps, plusieurs études ont été publiées et démontrent les effets sur la santé », affirme-t-il. Selon M. Gaudet, différentes recherches ont montré l'effet des champs électromagnétiques sur le système immunitaire, l'humeur et les protéines du cerveau, notamment. M. Gaudet affirme également que Santé Canada recommande de restreindre l'utilisation du téléphone cellulaire chez les enfants de moins de 16 ans.

Appel à poursuivre les études

Dans les conclusions de son rapport, l'INSPQ recommande de « poursuivre la veille scientifique sur les effets possibles des radiofréquences, notamment sur l'utilisation du téléphone cellulaire à long terme », et de prévoir des mesures « pour venir en aide aux personnes rapportant des symptômes qu'elles attribuent aux radiofréquences. »

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